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Ukraine : rebelles et loyalistes s'accusent d'avoir violé le cessez-le-feu

L'armée ukrainienne et les rebelles séparatistes refusent pour l'instant de retirer leurs armes lourdes.

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France Télévisions
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Un militaire de l'armée ukrainienne jette un œil hors de son tank près du village de Peski, dans la région de Donetsk (Ukraine), le 16 février 2015. (OLEKSANDR RATUSHNIAK / AFP)

Un cessez-le-feu plus fragile que jamais. L'armée ukrainienne et les rebelles séparatistes se sont accusés mutuellement, lundi 16 février, de violer le très fragile cessez-le-feu entré en vigueur durant le week-end. Les deux camps estiment qu'il n'est pas possible, dans ces conditions, de procéder au retrait des armes lourdes de la ligne de front. Un tel retrait est pourtant prévu par les accords de paix de Minsk 2, signés la semaine dernière entre Kiev et les rebelles pro-russes pour tenter de mettre fin à ce conflit ayant fait plus de 5 500 morts en dix mois.

Le retrait des armes lourdes remis en cause

Signe de l'extrême fragilité du cessez-le-feu, au moins cinq soldats ukrainiens ont péri dans des combats près de Marioupol, dans la partie sud de la ligne de front, depuis son instauration, samedi soir.

Alors que des combats acharnés se poursuivaient sur plusieurs points chauds de la ligne de front, un porte-parole militaire ukrainien, Vladislav Seleznev, a annoncé, lundi, que le retrait des armes lourdes était de facto remis en cause.

Prévu pour lundi soir, ce retrait doit commencer 48 heures au plus tard "après l'arrêt des tirs, ce qui pour l'instant n'est pas le cas", a-t-il souligné. Même constat des rebelles, qui accusent l'armée ukrainienne de tirer sur l'aéroport de Donetsk.

La ville stratégique de Debaltseve encerclée

D'intenses combats ont continué autour de la ville stratégique de Debaltseve, où sont stationnés plusieurs milliers de soldats ukrainiens menacés d'encerclement. Les séparatistes, qui cherchent à prendre ce nœud ferroviaire stratégique, ont tiré 112 fois en 24 heures sur les positions ukrainiennes, dont presque 90 fois sur Debaltseve et des villages voisins, selon un autre porte-parole militaire ukrainien, Anatoli Stelmakh. Les rebelles "ont reçu l'ordre de prendre Debaltseve à tout prix", a-t-il assuré. 

Une responsable de la mairie de Debaltseve, Natalia Karabouta, évacuée de cette ville, a indiqué qu'environ 5 000 civils étaient bloqués dans la commune, où même les livraisons de pain ont été arrêtées en raison des hostilités. "La journée était tranquille hier quand cela ne tirait qu'à l'arme à feu, mais aujourd'hui tout a repris, des explosions sont audibles en permanence, a-t-elle ajouté. Les gens ne peuvent plus partir car on tire sur la route (...). Ils n'ont rien, ni pain ni eau."

Nouvelles sanctions de l'Union européenne

Dans ce contexte, le président français François Hollande, la chancelière allemande Angela Merkel et le président ukrainien Petro Porochenko ont exprimé, lundi, "leur préoccupation sur la poursuite des combats à Debaltseve". Le chef de la diplomatie ukrainienne, Pavlo Klimkine, a appelé, depuis Sofia (Bulgarie), à l'application totale des accords de paix de Minsk.

Parallèlement, l'Union européenne a publié une nouvelle liste noire de personnes et entités sanctionnées pour leur implication dans le conflit en Ukraine, parmi lesquelles deux vice-ministres russes de la Défense. Moscou a promis une réponse "adéquate" en dénonçant des sanctions "incohérentes et illogiques".

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