Témoignage À Moscou, les manifestants craignent d'être enrôlés dans l'armée après leur incarcération : "Je considère cela comme de l'intimidation"

Parmi les centaines de personnes qui ont été arrêtées lors de manifestations en Russie, certaines ont reçu une convocation, leur demandant de se présenter rapidement à un bureau militaire.

Article rédigé par
Denis Kataev - Julie Pietri - franceinfo
Radio France
Publié Mis à jour
Temps de lecture : 1 min.
Des policiers détiennent un homme à Moscou le 21 septembre 2022, suite aux appels à protester contre la mobilisation partielle annoncée par le président Vladimir Poutine. (ALEXANDER NEMENOV / AFP)

Manifester son opposition au pouvoir peut mener sur le front en Ukraine. Artem Kriger, du média indépendant en ligne SOTA, couvre mercredi 21 septembre une manifestation à Moscou. Il est arrêté et incarcéré avec 23 autres personnes. "Je diffusais en direct, raconte-t-il. Nous avons été amenés au poste de police. Le lendemain matin, un vieux militaire est venu vers nous et a convoqué tous les jeunes en âge de servir au bureau militaire. Tous, indistinctement ! Il y avait ceux qui avaient fait leur service militaire, ceux qui avaient de l'expérience militaire... et puis moi."

>> Guerre en Ukraine : après la mobilisation partielle décrétée en Russie, les centres de recrutement reçoivent les premiers hommes enrôlés

"Ils nous feront peur avec ce genre de convocation"

En Russie, ce sont ces bureaux militaires qui délivrent les ordres de mobilisation pour aller au front. Artem Grigory est encore étudiant. Il est donc officiellement à l'abri, car exempté, mais il ne veut pas prendre le moindre risque : "Je considère cela comme de l'intimidation. Si vous prévoyez d'aller à des manifestations, ils nous feront peur avec ce genre de convocation."

"Je n'ai pas peur, mais je ne veux vraiment pas y aller. Tout peut arriver."

Artem Kriger, journaliste du site d’information SOTA

à franceinfo


Le jeune homme aimerait quitter la Russie. "Mais je n'ai pas assez d'argent", dit il. Il songe à stopper son travail de journaliste. Être arrêté à cause de son activité est une chose, être envoyé au combat en est une autre. 

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