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Reportage Lviv, ville touristique devenue une cité refuge pour les Ukrainiens fuyant la guerre : "Nous vivons à huit dans deux chambres"

À Lviv, une grande ville touristique de l'ouest de l'Ukraine, il y a de nombreux hôtels pour accueillir les personnes fuyant l'invasion russe. Mais entre les nombreux journalistes, les diplomates ou les humanitaires, les places sont rares pour les réfugiés.

Article rédigé par franceinfo - Boris Loumagne
Radio France
Publié Mis à jour
Temps de lecture : 2 min
Des réfugiés fuyant l'est de l'Ukraine à la gare de Lviv, le 2 mars 2022. (YURIY DYACHYSHYN / AFP)

Quand on voit le visage d’Alexandre marqué par la fatigue, on a du mal à croire que le jeune homme se sent mieux, comme il dit, depuis qu’il est arrivé à Lviv. "Après des jours à Kiev passés dans les abris, cet appartement est un soulagement, raconte l'Ukrainien. On se repose un peu." La guerre en Ukraine provoque des déplacements de population massifs. Des centaines de milliers de personnes ont afflué vers les pays voisins, comme en Roumanie où la solidarité s'oganise ou la Pologne où la population se mobilise.

D'autres ont fait le choix de rester en Ukraine mais en se déplaçant vers l’ouest du pays, et notamment à Lviv, devenue une ville refuge.

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Alexandre se dit chanceux, il a réussi à trouver un des rares appartements disponible sur la plateforme de location Airbnb. "Il y a deux chambres mais nous sommes huit à y vivre, alors on échange, on dort dans les lits à tour de rôle, indique-t-il. Cet appartement nous permet de continuer nos activités. Autour de moi, il y a plusieurs journalistes qui ont dû abandonner leurs logements à Kiev mais qui continuent de travailler depuis cet appartement à Lviv. Moi, j'ai perdu mon travail à Kiev, alors ici j’essaie de faire du bénévolat."

Des familles dans l'attente d'une chambre

Avoir un appartement, un lit, internet, pour ces réfugiés cela est essentiel pour continuer à se mobiliser. Mais tout cela à un prix, en quelques jours, les tarifs des locations ont été multipliés par quatre ou par cinq. Dans un hôtel de Lviv, où tout est plein comme le réceptionniste le répète au téléphone, il n'y a pas de hausse de prix et c’est même le contraire. "L’hôtel est complet et nous faisons des réductions pour nos hôtes, explique Anastasia est la directrice marketing de l’établissement. Nous avons acheté des lits en plus pour les mettre dans les chambres parce qu’il y a énormément de monde."

"Dans certaines chambres nous devons nous arranger pour faire dormir jusqu’à cinq personnes dans une même pièce. Tous nos hôtes sont gentils et polis. Nous formons une grande famille."

Anastasia, directrice marketing d'un hotel de Lviv

à franceinfo

À la porte de l’hôtel, plusieurs familles attendent qu’une chambre se libère. Olga, 47 ans, a fui Kiev avec sa fille d’une dizaine d’année. Elle vient d’arriver à Lviv. "Ma fille veut vraiment rentrer à la maison, à Kiev, pour revoir son père et ses chiens, raconte Olga. Mais j’ai de longues discussions avec elle pour lui expliquer qu’il va falloir qu’on s’éloigne encore. J’essaie donc de la convaincre d’aller jusqu’en Pologne, en attendant de voir ce qu’il va se passer dans les prochains jours."

Si certains souhaitent rester à Lviv, beaucoup veulent fuir à l’étranger, et principalement en Pologne. La frontière n’est qu’à 70 km de la ville.

Lviv, ville refuge : reportage en Ukraine de Boris Loumagne

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