Missiles de Cuba, crise des euromissiles... : c'était comment avant, la peur de la bombe atomique ?

Depuis la crise des missiles de Cuba en 1962 jusqu'à la crise des euromissiles au début des années 1980, la menace d'une guerre nucléaire a plané sur l'Occident, avant de ressurgir aujourd'hui avec le conflit en Ukraine.

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Radio France
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Une vue aérienne d'un navire soviétique Anosov transportant des missiles nucléaires au large de Cuba le 9 novembre 1962. (- / HO)

Octobre 1962. Sur les radios américaines passe le dernier hit d'Elvis, Return ton sender. Pendant ce temps, à la Maison Blanche, John Kennedy a d'autres soucis : les missiles soviétiques destinés à Cuba doivent eux-aussi retourner à l'envoyeur. Le jeune président américain a posé un ultimatum au numéro 1 soviétique Nikita Khrouchtchev pour qu'il renonce à installer ses missiles. Les forces stratégiques sont en état d'alerte. Le monde entier craint l'apocalypse nucléaire.

Pour les États-Unis, la psychose dure depuis des années. Certaines publicités à la télévision proposent même aux familles américaines : "Construisez vous-même votre propre abris anti-atomique !" Il est vrai que si des missiles soviétiques sont installés à Cuba, ils ne se trouvent qu'à 300 km de Miami en Floride. Autant dire qu'ils sont au bout du jardin ! Finalement, la confrontation est évitée puisque les soviétiques renoncent à leur projet.

La crise des "euromissiles"

Deux décennies plus tard, au début des années 1980, c'est l'Europe qui tremble. À la télévision française, on parle d'une autre crise : celle des "euromissiles" qui provoque de grandes manifestations, notamment en Allemagne de l'Ouest. "C'est en République fédérale d'Allemagne, incontestablement, que le mouvement pacifiste a pris le plus d'ampleur", annonce-t-on dans le JT à l'époque. L'URSS a déployé des missiles SS20 à l'ouest de son territoire. En quelques minutes, ils peuvent frapper la France, la Grande-Bretagne, l'Espagne... et en premier lieu, l'Allemagne de l'Ouest.

Pour répliquer, l'Otan veut implanter en Europe des missiles américains Pershing, notamment en RFA. Dans les manifestations pacifistes allemandes, on trouve même de jeunes soldats. "De plus en plus de soldats pensent comme moi, je crois que les soldats ont peur de la guerre atomique", confie même l'un d'eux dans les médias. Face à la menace nucléaire, certains jeunes Allemands scandent : "Plutôt rouges que morts !" C'est l'apparition d'un vaste mouvement antinucléaire allemand, qui va durer. En 1983, la chanteuse Nena capte ce climat anxiogène dans sa chanson la plus célèbre, 99 Luftballons.

La crise des euromissiles se termine en 1987 avec un traité entre Ronald Reagan et Mikhaïl Gorbatchev pour démanteler les armes de portée intermédiaire. Deux ans après, le mur de Berlin tombe. Beaucoup en Occident oublient la menace nucléaire... jusqu'à aujourd'hui.

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