"Il faut rester dans la stratégie fixée depuis le début : empêcher Poutine de gagner en Ukraine sans se laisser entraîner dans l'engrenage de la guerre à la Russie", estime Hubert Védrine

L'ancien ministre des Affaires étrangères insiste pour que des réflexions sur une "organisation européenne de défense" débutent.
Article rédigé par franceinfo
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Hubert Védrine (à droite), ancien ministre des Affaires étrangères et Bernard Cazeneuve (à gauche), ancien Premier ministre lors de l'hommage national à Robert Badinter, le 14 février 2024. (LUDOVIC MARIN / POOL)

"Il faut rester dans la stratégie fixée par Biden depuis le début, c'est-à-dire empêcher Poutine de gagner en Ukraine sans se laisser entraîner dans l'engrenage de la guerre à la Russie", estime samedi 17 février sur franceinfo Hubert Védrine, ancien ministre des Affaires étrangères.

"Si l'armée ukrainienne est menacée par un manque d'hommes, un manque d'armes, il est évident qu'il faut rehausser le niveau de défense de l'Ukraine. On reste dans la même stratégie : comme il y a une menace supplémentaire, les engagements nouveaux de la Grande-Bretagne, de l'Allemagne, de la France sont logiques, nécessaires", ajoute l'ancien ministre.

Par ailleurs, même s'il pense que Poutine n'attaquera pas un pays membre de l'Otan, Hubert Védrine estime qu'il faut renforcer la dissuasion dans les États baltes. "Il ne faut pas prendre de risques et il ne faut pas qu'il y ait de système un peu flou, un peu fragile. S'il y a un endroit où il faut vraiment que la dissuasion soit crédible, menaçante pour la Russie, ce sont les pays baltes" car "Poutine est obsédé par la question des Russes et des Russophones".

"Le sujet n'est pas Poutine, c'est Trump"

Enfin, au sujet de l'Europe de la défense, "le sujet n'est pas Poutine, c'est Trump", indique Hubert Védrine, insistant pour que des réflexions sur une "organisation européenne de défense" débutent. "Les réflexions doivent commencer dès maintenant, tranquillement, sérieusement, pour être prêt à cette situation si jamais Trump est élu et s'il va au bout de ses intentions. C'est une hypothèse parmi d'autres, mais il ne faut pas être pris au dépourvu, sinon il y aura des disputes cacophoniques entre Européens en 2025."

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