Guerre en Ukraine : trois questions sur les craintes autour de la centrale de Zaporijjia

Après un nouveau bombardement de la centrale ukrainienne aux mains des pro-Russes, la communauté internationale s'inquiète, certains évoquant le risque d'un accident nucléaire. 

Article rédigé par
Nathanaël Charbonnier - franceinfo
Radio France
Publié
Temps de lecture : 2 min.
La centrale nucléaire dans la région de Zaporijjia (Ukraine), le 27 avril 2022. (ED JONES / AFP)

"L'heure est grave", a déclaré jeudi 11 août, le directeur général de l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA) devant le Conseil de sécurité de l'ONU. Ce matin, c'est la France, par la voix de la porte-parole du ministère de l'Europe et des affaires étrangères Anne-Claire Legendre, qui demande le retrait immédiat des troupes russes de Zaporijjia, en Ukraine. On vous explique pourquoi la situation autour de cette centrale inquiète la communauté internationale. 

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1Quelle est la situation autour de la centrale ? 

Le site de la plus grande centrale nucléaire d'Europe, tenue par l'armée russe alors qu'elle est sur le territoire ukrainien, a de nouveau été bombardé jeudi 11 août. L'Ukraine et la Russie s'accusent mutuellement. "La situation s'aggrave" selon la compagnie ukrainienne d’Etat du secteur nucléaire, qui affirme que des frappes russes ont endommagé la centrale de Zaporijjia. 

Et ce n'est pas la première fois que Vladimir Poutine brandit la menace nucléaire, notamment lorsqu'il se trouve en difficulté. Il l'a fait lorsque les Occidentaux ont décidé d'aider l'Ukraine au début de la guerre, en menaçant d'avoir recours à l'arme atomique. Puis avec la centrale nucléaire de Tchernobyl lorsque sa colonne de blindés était bloquée en direction de Kiev. Aujourd'hui, il utilise à nouveau la même peur alors qu'il se trouve en difficulté, notamment en Crimée, ou plus largement dans le sud-est de l'Ukraine. 

Parler de la centrale de Zaporijjia permet d'éviter de parler du reste : les difficultés de l'armée russe sur le terrain, et ses morts dans les combats. 

2En quoi la situation est-elle particulièrement inquiétante ? 

Aucun des piliers de la sécurité nucléaire ne sont respectés à Zaporijjia, selon le directeur de l'AIEA. La centrale est aux mains des pro-Russes alors qu'elle appartient aux Ukrainiens. Elle n'est donc plus en mesure de donner ses taux de radioactivité en temps réel. La plupart de ses capteurs sont ou seraient détruits, selon la compagnie d'Etat ukrainienne Energoatom. Quant au personnel, il fait fonctionner la centrale depuis des mois sous pression. Donc tous les éléments qui doivent normalement garantir la sûreté nucléaire ne sont plus respectés, d'où l'inquiétude internationale. 

À cela s'ajoute aussi des données que l'homme n'est plus capable de maîtriser. On sait par exemple que des frappes sont tombées tout près de la centrale mais on ne sait pas quelles incidences elles ont pu avoir sur la structure du site. Est-ce que cela a pu ou non entraîner des fissures dans le béton ? Est-ce que cela peut avoir une incidence sur les lignes à haute tension qui se trouvent à proximité ? Voilà pourquoi ce qui se passe à Zaporijjia inquiète à l'échelle internationale.  

3Comment la communauté internationale peut-elle limiter le risque nucléaire ? 

La communauté internationale a deux leviers d'action. Elle peut mettre la pression sur la Russie et l'Ukraine pour que toute la zone autour de la centrale soit protégée et déminée par les Russes. Le secrétaire général de l'ONU a appelé, jeudi 11 août, à la mise en place d'une zone démilitarisée autour de la centrale. 

Autre tactique : mettre la pression sur la Russie pour qu'elle accepte la venue sur les lieux d'experts indépendants capables d'évaluer l'état réel de la centrale.

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