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Guerre en Ukraine : pourquoi le gazoduc Brotherhood est-il toujours fonctionnel ?

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Guerre en Ukraine : pourquoi le gazoduc Brotherhood est-il toujours fonctionnel ?
Guerre en Ukraine : pourquoi le gazoduc Brotherhood est-il toujours fonctionnel ? Guerre en Ukraine : pourquoi le gazoduc Brotherhood est-il toujours fonctionnel ?
Article rédigé par franceinfo - N. Carvalho
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Alors que le gazoduc russe passe toujours par l'Ukraine, cette dernière est accusée de tenir un double discours sur le gaz russe. Mais si les Ukrainiens tentaient de couper l'arrivée de gaz, elle s'exposerait à une explosion meurtrière.

Depuis plusieurs jours, l'Ukraine est accusée de double discours concernant le gaz russe. D'un côté en appelant à son boycott, de l'autre en le laissant passer sur son territoire via un gazoduc. Alors, qu'y a-t-il de vrai dans ces accusations ? La Russie exporte vers l'Europe occidentale grâce à trois gazoducs principaux, Nord Stream via la mer Baltique, Yamal en Biélorussie et en Pologne, et Brotherhood qui passe bien par le territoire ukrainien. Ce gazoduc, construit en 1967 par l'Union Soviétique est toujours en fonctionnement. L'Ukraine et la Russie sont liées par un contrat renégocié en 2019. Comme l'Ukraine est propriétaire de la partie du gazoduc qui se trouve sur son territoire, Gazprom lui paye des droits de transit, sept milliards d'euros sur cinq ans. Un contrat que l'Ukraine ne peut pas annuler de manière unilatérale.

Une opération dangereuse

Mais d'un point de vue purement technique, l'Ukraine peut-elle couper l'arrivée de gaz russe sur son territoire ? Là aussi c'est compliqué, car l'énergie est envoyée de manière continue via ce gazoduc, et il n'est pas possible de stopper complètement le flux sans risquer une explosion meurtrière sur le sol ukrainien. "Un puits de gaz est très difficile à arrêter. Si on ferme les vannes qui sont celles qui arrivent aux frontières, cette opération ne peut pas se faire si la pression est trop élevée", explique Anna Creti, professeur d'économie à l'Université Paris-Dauphine, directrice de la Chaire économie du gaz.

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