Guerre en Ukraine : la France va assurer la "police du ciel" dans les pays baltes

Alors que la guerre en Ukraine est toujours en cours, l'armée de l'air française va surveiller l'espace aérien des pays Baltes à partir de vendredi. Une mission de l'Otan où la France prend le relais de la Belgique.

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Radio France
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Un avion de chasse français Mirage 2000 -5F est stationné sur la base aérienne d'Ämari (Estonie), le 30 mars 2022. (DIDIER LAURAS / AFP)

Dans le cockpit d'un transporteur de l'armée de l'air française, on s'attend à être intercepté. L'avion vient de passer la frontière de l'Estonie et joue le rôle de cible dans le cadre d'un exercice. Le commandant a d'ailleurs repéré les avions de chasse français qui s'approchent : "Pas de contact radio.. Ils sont approximativement à 1 000 m. OK, j'ai le visuel. Ils sont légèrement étagés en-dessous et je vois le leader."

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À partir du vendredi 1er avril, la France prend le relais de la "police du ciel" de l'Otan au-dessus des pays Baltes pour la protection de l’espace aérien de l'Estonie, la Lituanie et la Lettonie, alors que la guerre en Ukraine est toujours en cours. Une mission de quatre mois pour les chasseurs français, chargés d'intercepter tout intrus dans ou à proximité de l'espace aérien des pays Baltes, qui comptent sur les avions l'Alliance atlantique pour les protéger des Russes.

Pour l'exercice dans le ciel estonien, deux Mirage 2000-5F flanquent le transporteur à quelques dizaines de mètres. L'aéroport de départ, la nationalité, le plan de vol, les essentiels sont vérifiés. Quant au leader, qui est le chef de patrouille de cette police du ciel, il s'agit du capitaine Marvin. Il vient de poser son Mirage sur la base d'Ämari, en Estonie "Notre rôle principal est l'identification visuelle des avions qui auraient enfreint les règle de l'aéronautique internationale, indique le capitaine Marvin. C'est une mission de police du ciel qu'on a effectué il y deux ans."

De plus en plus de survols russes

Rien de particulier a priori dans cet exercice de contrôle, sauf que la France prend le relais de la Belgique et que sur les quatre derniers mois, les pilotes belges ont vu se multiplier les survols russes. "La plupart de nos réponses étaient effectivement pour du trafic militaire d'origine russe, déclare le major Pierre-Yves Ivert, qui commandait le détachement belge. Sur quatre mois, nous avons effectué une trentaine d'alertes. Une activité trois fois plus intense que ce que l'on a connu les années précédentes."

Son homologue français, le commandant Hubert, qui commande dorénavant les quatre Mirage 2000-5F de la BA 116 de Luxeuil-les-Bains (Haut-Saône) affectés à cette police du ciel, anticipe le même nombre d'alertes pour les semaines à venir : "Tant que le contexte ne change pas, on peut s'attendre à à peu près le même taux. Comme on est la nation principale à partir d'aujourd'hui, ça se tournera un peu plus vers nous."  L’opération "enhanced air policing" (eAP) doit durer jusqu'au 1er août.

Pour les Estoniens comme pour les autres pays Baltes, la Russie demeure une menace militaire très sérieuse. Le général Rauno Sirk commande la toute petite armée de l'air estonienne qui, avec quatre appareils en tout, serait bien incapable de remplir une mission de police du ciel. "La Russie est historiquement une menace pour nous, explique le général estonien. On ne sait pas ce qu'elle pourrait faire mais on se sent en sécurité. on fait partie de l'Otan et de l'Union européenne et c'est la meilleure des dissuasions vis à vis des Russes." Au-delà de la police du ciel, la France et ses alliés opèrent donc aussi une mission de dissuasion dans les pays Baltes.

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