Guerre en Ukraine : Emmanuel Macron dénonce les "crimes" perpétrés à Boutcha, Volodymyr Zelensky parle de "génocide"

La communauté internationale a unanimement condamné les meurtres de civils dans la petite ville proche de Kiev.

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Des habitants de Boutcha (Ukraine) découvrent l'état de leur ville après le départ des soldats russes, le 2 avril 2022. (RONALDO SCHEMIDT / AFP)

La France a évoqué dimanche 3 avril de probables "crimes de guerre" à Boutcha, une ville au nord-ouest de Kiev, où l'AFP a vu des cadavres dans une rue samedi et où près de 300 personnes ont été enterrées dans des fosses communes, selon les autorités ukrainiennes. "Les autorités russes devront répondre de ces crimes", a clamé Emmanuel Macron sur Twitter, après les images "insoutenables" de civils tués à Boutcha.

Dans un communiqué, Jean-Yves Le Drian a "condamné avec la plus grande fermeté de tels actes constitutifs, s’ils sont confirmés, de crimes de guerre". Le ministre français des Affaires étrangères dit travailler, en lien avec ses "partenaires", afin "que ces actes ne restent pas impunis et que leurs responsables soient jugés et condamnés".

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L'Ukraine a quant à elle accusé l'armée russe d'avoir commis un "génocide", selon les mots de Volodymyr Zelensky à la chaîne américaine CBS. En Ukraine, "nous avons plus de 100 nationalités. Il s'agit de la destruction et de l'extermination de toutes ces nationalités", s'est alarmé le président ukrainien.

"Nous avons trouvé des fosses communes. Nous avons trouvé des gens avec les mains et les jambes ligotées (...) et avec des coups de feu, des impacts de balles, à l'arrière de la tête", a décrit pour la BBC le porte-parole du président ukrainien, Serguiï Nikiforovil, affirmant qu'il s'agissait "clairement de civils".

Un pas de plus vers de nouvelles sanctions ?

Par la voix de son secrétaire général, Antonio Guterres, l'ONU a insisté dimanche soir sur la nécessité d'une enquête indépendante sur de "possibles crimes de guerres" à Boutcha.

Plusieurs pays européens ont condamné ces "exactions massives commises par les forces russes dans des villes ukrainiennes", comme les qualifie la diplomatie française. La ministre des Affaires étrangères britannique, Liz Truss, s'est dite "horrifiée par les atrocités à Boutcha et d'autres villes" et a réclamé une "enquête pour crimes de guerre""Ce terrible crime de guerre ne peut pas rester sans réponse", a abondé le ministre allemand de l'Economie, Robert Habeckau.

"Je pense qu'un renforcement des sanctions est indiqué. C'est ce que nous préparons avec nos partenaires de l'UE."

Robert Habeckau, ministre de l'Economie allemand

cité par l'AFP

Sur Twitter, le président du Conseil européen, Charles Michel, s'est également dit "choqué par les images obsédantes des atrocités commises par l'armée russe dans la région libérée de Kiev". "L'UE aide l'Ukraine et des ONG à rassembler les preuves nécessaires pour des poursuites devant les cours internationales", a-t-il relevé. Et d'ajouter : "Plus de sanctions et d'aide de l'UE sont en chemin."

"Ces images sont un coup de poing à l'estomac", a réagi le chef de la diplomatie américaine, Antony Blinken, sur la chaîne CNN, rappelant avoir prévenu "avant l'agression de la Russie" qu'elle risquait de "commettre des atrocités".

"Nous ne pouvons pas normaliser cela."

Anthony Blinken, secrétaire d'Etat américain

sur CNN

Le secrétaire général de l'Otan Jens Stoltenberg a pour sa part estimé que les violences de Boutcha étaient "horribles", dénonçant une "brutalité inédite en Europe depuis des décennies". "Il est absolument inacceptable que des civils soient pris pour cibles et tués", a-t-il estimé, toujours sur la chaîne américaine.

Interrogé sur le départ des forces russes de la région de Kiev, que les forces ukrainiennes ont dit avoir repris, il s'est montré prudent : "Nous ne devons pas être trop optimistes" car "nous redoutons une potentielle augmentation des attaques, notamment dans le sud et l'est du pays".

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