Guerre en Ukraine : ce qu'il faut retenir de la journée du jeudi 12 mai

La Russie a menacé la Finlande d'une riposte "militaro-technique" après que ses dirigeants ont annoncé leur volonté d'adhérer "sans délai".

Article rédigé par
France Télévisions
Publié
Temps de lecture : 4 min.
Un soldat ukrainien est assis sur un char près de Bakhmut, dans l'est de l'Ukraine, le 12 mai 2022. (YASUYOSHI CHIBA / AFP)

La journée du jeudi 12 mai a été intense sur le front diplomatique. La Russie a menacé la Finlande d'une riposte "militaro-technique après que ses dirigeants ont annoncé leur volonté d'adhérer "sans délai" à l'Otan sous l'influence de la guerre en Ukraine, tandis que la tension montait autour des livraisons de gaz russe à l'Europe, perturbées pour le deuxième jour consécutif.

Franceinfo résume ce qu'il faut retenir de cette journée.

La Finlande veut tourner le dos à sa neutralité forcée et rejoindre l'Otan

Le président et la Première ministre de Finlande, Sauli Niinistö et Sanna Marin, se sont dit favorables à une adhésion "sans délai" à l'Otan. Une vraie révolution pour ce pays nordique, qui partage 1 300 km de frontière avec la Russie et fut longtemps contraint à une sorte de neutralité forcée par Moscou.

Si l'adhésion se concrétise, la Russie sera "obligée de prendre des mesures réciproques, militaro-techniques et autres, pour mettre fin aux menaces à sa sécurité nationale", a répliqué le ministère russe des Affaires étrangères dans un communiqué, appelant Helsinki à "prendre conscience de ses responsabilités".

Côté occidental, le secrétaire général de l'Otan Jens Stoltenberg, puis le chancelier allemand Olaf Scholz et le président français Emmanuel Macron ont assuré la Finlande de leur soutien, tout comme des élus clés du Sénat américain. Si elle postulait, "elle sera chaleureusement accueillie au sein de l'Otan et le processus d'adhésion se déroulera sans heurts et rapidement", s'est enthousiasmé Jens Stoltenberg.

L'alimentation en gaz russe s'effondre en Allemagne

L'Allemagne, l'un des principaux clients européens du gaz russe, a vu ses livraisons via l'Ukraine baisser de près de 40% en deux jours, selon les opérateurs. Le géant gazier russe Gazprom a confirmé mercredi que les volumes livrés à l'Europe par le territoire ukrainien baisseraient de près de 30% ce jeudi, après 18% la veille.

Moscou et Kiev se rejettent la responsabilité de ces baisses. Kiev dit depuis mardi ne plus pouvoir garantir les livraisons via les installations de Sokhranivka, dans la région de Lougansk, en raison de la présence des forces armées russes, et a demandé à Gazprom d'accroître les volumes via un autre point de transit, Soudja.

Mais Moscou assure que le transit peut parfaitement se faire via Sokhranivka, et que réorienter le flot vers Soudja est impossible.

Si les baisses ont été compensées côté allemand par du gaz venu de Norvège et des Pays-Bas, Gazprom a semblé prêt à réduire encore ses livraisons européennes jeudi en annonçant qu'il n'utiliserait plus un gazoduc-clé passant par la Pologne, le Yamal-EuroPol. Le ministre allemand de l'Energie, Robert Habeck, a accusé la Russie d'utiliser l'énergie "comme une arme".

L'ONU lance une enquête sur les exactions russes

A Genève, le Conseil des droits de l'Homme de l'ONU a approuvé le lancement d'une enquête sur les atrocités reprochées aux troupes d'occupation russes. Une résolution adoptée par 33 votes pour, 2 contre (Chine et Erythrée) et 12 absentions (dont l'Inde, le Sénégal et le Cameroun), a demandé à une commission spéciale formée début mars sur l'Ukraine de mener une "enquête" sur les graves violations des droits humains imputées aux forces russes dans les régions de Kiev, Tcherniguiv, Kharkiv et Soumy à la fin de février et en mars 2022. Avec l'intention de "demander des comptes aux responsables".

Cette enquête devrait s'ajouter aux enquêtes de la Cour pénale internationale et des autorités ukrainiennes déjà en cours.

L'offensive se poursuit dans le Donbass

Sur le terrain, les combats se poursuivent dans l'est et le sud du pays. L'armée russe poursuit son offensive dans le Donbass, où elle ne progresse que lentement, et essaie notamment de prendre "le contrôle total" des localités de Roubijné et de Severodonetsk, selon la présidence ukrainienne.

Des frappes aériennes russes ont aussi fait au moins trois morts et 12 blessés dans la nuit de mercredi à jeudi près de Tcherniguiv, dans le nord-est de l'Ukraine, selon des responsables locaux.

En gare de Kiev, les retours d'Ukrainiens partis à l'étranger se multiplient depuis le 9 mai, lorsque l'Ukraine redoutait une action militaire d'éclat de la Russie pour l'anniversaire de la victoire sur l'Allemagne nazie.

Plus de six milliions d'Ukrainiens se sont réfugiés à l'étranger

Plus de six millions d'Ukrainiens ont fui leur pays depuis le début de l'invasion par l'armée russe le 24 février, a annoncé le Haut commissariat aux réfugiés (HCR) à Genève. A la date du 11 mai, 6 029 705 Ukrainiens avaient cherché refuge d'abord dans les pays limitrophes avant de souvent poursuivre leur odyssée, selon le site dédié du HCR. La Pologne accueille de très loin le plus grand nombre de réfugiés (3 272 943 au 11 mai).

Les femmes et les enfants représentent 90% de ces réfugiés, les hommes de 18 à 60 ans, susceptibles d'être mobilisés, n'ayant pas le droit de partir. Le flux quotidiens de réfugiés s'est considérablement réduit depuis le début des hostilités.

Prolongez votre lecture autour de ce sujet

tout l'univers Guerre en Ukraine

Commentaires

Connectez-vous à votre compte franceinfo pour participer à la conversation.