Guerre en Ukraine : après l'appel à la mobilisation, l'état de l'armement de l'armée russe pose question

Dans un climat tendu de mobilisation militaire de centaines de milliers de réservistes pour l'offensive russe en Ukraine, les capacités de l'armée déployée en Ukraine restent toujours incertaines.

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Radio France
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Des militaires russes patrouillent à Melitopol, dans la région occupée de Zaporijjia (Ukraine), le 14 juin 2022. (YURI KADOBNOV / AFP)

Que reste-t-il de l'armée russe ? Tandis que la mobilisation partielle a commencé en Russie, et qui pourrait atteindre 300.000 hommes, de nombreuses questions se posent, notamment sur les différents mouvements de protestation à travers le pays et que de nombreux Russes fuient le pays.

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Ainsi, lundi 26 septembre, le Kremlin a admis des "erreurs" au cours de la mobilisation de centaines de milliers de réservistes pour aller combattre en Ukraine. "Il y a des cas où le décret a été violé", a dit le porte-parole du Kremlin disant espérer que "les erreurs seront corrigées". Il a en outre indiqué que les autorités n'avaient pas "pris de décision" concernant la fermeture des frontières aux hommes en âge de combattre. 

Reste que cette annonce de Vladimir Poutine remet sur la table la question-clé de l'état de l'armée russe et de son armement. Au-delà de la menace nucléaire brandie par le Kremlin, les équipements dont dispose la Russie pour mener cette guerre sont encore puissants, mais pas illimités. Ainsi, problème numéro un de l'armée russe en Ukraine : trouver suffisamment d'obus pour alimenter les tirs massifs d'artillerie contre les positions ukrainiennes. Selon l'ancien officier Pierre Grasser, chercheur associé au laboratoire SIRICE de la Sorbonne, la Russie cherche à récupérer des stocks d'obus ex-soviétiques en Asie centrale. 

L'aviation russe vulnérable

Parallèlement, le Kremlin serait en tractations avec la Corée du Nord et aurait accessoirement utilisé des munitions chinoises: "La Russie tire énormément d'obus de gros calibre, notamment de 152 mm. La guerre devait être courte, elle ne l'est pas, donc la Russie emprunte dans ses stocks et ne produit pas assez pour les recompléter parfaitement. En plus, beaucoup de ces stocks ont été détruits par des frappes ukrainiennes. Techniquement, la Russie ne manque pas d'armes mais commence à manquer de munitions", détaille ainsi le spécialiste au micro de franceinfo.

Par ailleurs, des milliers de blindés russes ont été endommagés ou détruits en Ukraine. Mais Moscou en possède des stocks considérables datant de l'Union Soviétique. Selon Pierre Grasser, l'armée russe parvient ainsi à remplacer au fur et à mesure les vieux T72 perdus au combat. La production ou la maintenance des matériels plus modernes est en revanche difficile, en raison de l'embargo sur les composants électroniques. Enfin, l'aviation russe n'intervient plus sur le théâtre d'opération, car trop vulnérable face aux redoutables missiles sol-air fournis par les occidentaux.

Mercredi 21 septembre, le ministre de la Défense russe, Sergueï Choigou, évoque 5 937 morts au sein de l'armée de Vladimir Poutine. Ce chiffre est contesté notamment par les autorités américaines, qui avancent des chiffres de 70 000 à 80 000 soldats russes rués. 

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