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Guerre en Ukraine : "115 000 Ukrainiens bénéficient d'un hébergement et d'une allocation" en France, indique la secrétaire d’Etat chargée de la Citoyenneté

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Article rédigé par franceinfo
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80% de ces réfugiés sont des femmes. Sonia Backès a salué ce vendredi sur franceinfo "l'investissement et la solidarité dont les Français ont fait preuve".

"115 000 Ukrainiens, dont 80% de femmes" ont trouvé refuge sur le territoire français et "bénéficient aujourd'hui d'un hébergement et d'une allocation", a détaillé Sonia Backès, secrétaire d’État chargée de la Citoyenneté en France, vendredi 24 février sur franceinfo. Un an après le début du conflit en Ukraine, la France a dépensé près de 500 millions d'euros pour offrir un accueil à ces déplacés ukrainiens.

"Les chiffres ne sont jamais vraiment précis parce que ces personnes ont le droit de circuler au sein de l'Union européenne", souligne la secrétaire d'État. 30 000 réfugiés ukrainiens sont accueillis chez l'habitant. "Tant que la situation n'est pas réglée" en Ukraine, "ils resteront sur le sol français tant qu'ils le souhaitent".

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La veille, l'ex-Première ministre ukrainienne a remercié sur franceinfo "les Français ordinaires" pour leur accueil des réfugiés. "Notre pays n'oubliera jamais, a lancé Ioulia Timochenko. Une victoire rapide dépend seulement des armes (...) et de la rapidité de leur livraison. Il me semble que le président de la France le comprend très bien."

franceinfo : Combien de réfugiés ukrainiens se trouvent en France ?  

Sonia Backès : Les chiffres ne sont jamais vraiment précis parce que ces personnes ont le droit de circuler au sein de l'Union européenne. On a une estimation assez précise d'environ 115 000 Ukrainiens, 80 % de femmes, qui sont sur le territoire français et qui bénéficient aujourd'hui d'un hébergement et d'une allocation. 20 000 enfants sont scolarisés aujourd'hui. Je voudrais saluer l'investissement et la solidarité dont les Français ont fait preuve. Il y a eu énormément de dons aux associations. Il y a eu un hébergement citoyen très fort et les collectivités locales qui ont toutes été extrêmement présentes également.

Combien de réfugiés ont été accueillis chez l'habitant ?  

Près de 30 000 ont été accueillis chez l'habitant. Les choses ont vocation sans doute à évoluer parce que les gens ne pensaient pas accueillir les Ukrainiennes et les enfants aussi longtemps. Aujourd'hui, ça fait un an. Donc on va devoir sans doute faire évoluer également nos perspectives d'accueil puisque c'est sans doute une situation qui a vocation à durer dans le temps et donc il va falloir qu'on pérennise l'hébergement.

Ces réfugiés ont-ils intégré le marché de l'emploi ?

On a à peu près 15 000 personnes qui ont trouvé un travail en France. Le plus difficile, c'est évidemment la barrière de la langue, parce que leur langue est assez éloignée de la langue française et peu de Français la parlent. Donc c'est très compliqué. Mais il y a un effort majeur qui est fait de l'État, des associations pour avoir cette formation linguistique. Les enfants aussi aident énormément parce qu'ils apprennent très vite le français à l'école. Finalement, ils le parlent à leur maman et ça permet petit à petit que la langue soit le mieux comprise possible.

115 000 réfugiés en France, c'est sept fois moins qu'en Allemagne et beaucoup moins qu'en Espagne et en Italie. Comment l'expliquer ?

Les Ukrainiens ont fait le choix d'aller là où il y avait déjà une communauté. C'est vrai que la communauté ukrainienne en France était bien moins importante qu'en Allemagne, en Espagne ou ailleurs. C'était 17 000 Ukrainiens en France avant la guerre, donc forcément, on a eu assez peu de fixations. On a fait quand même un accueil de qualité pour tous ceux qui ont souhaité venir avec des centres d'accueil qui ont été mis en place. On a accueilli à la Porte de Versailles [à Paris, ndlr] jusqu'à 1 000 personnes. Les Ukrainiens ont pu avoir les réponses à tous leurs besoins immédiats : hébergement, couverture sociale, allocations. Toutes celles et ceux qui ont souhaité venir, ont pu venir et sont accueillis aujourd'hui. Et on continue à avoir de l'ordre de 2 000 personnes par mois qui arrivent.

Quel a été le prix de cet accueil ?

Ça a coûté 500 millions d'euros. Je crois que les Français l'ont compris tout de suite avec l'énorme élan de solidarité qui a eu lieu. On ne pouvait pas passer à côté de cette aide française. La France a été à l'origine de la protection temporaire qui a été mise en place à l'échelle de l'Europe. C'était la présidence française de l'Union européenne à l'initiative de Gérald Darmanin. L'invasion a eu lieu le 24 février, le 3 mars, la présidence française a demandé cette protection temporaire qui était mise en place le 9 mars. Donc, la France a été vraiment en soutien à cette protection temporaire. Effectivement, ça a un coût, mais je crois que les Français le comprennent parce que c'est bien la démocratie et finalement nos valeurs de liberté qui sont en cause.

Est-ce que beaucoup d'Ukrainiens émettent le désir de revenir en Ukraine ?

Aujourd'hui, elles ne souhaitent pas rentrer tant que la guerre n'est pas terminée. La grande majorité aujourd'hui nous dit qu'elle souhaite rentrer une fois la guerre terminée. La très grande majorité a vocation à repartir. Pour l'instant, le dispositif de protection temporaire, de toute façon, les couvre tant que la situation n'est pas réglée, ils peuvent rester et ils resteront sur le sol français tant qu'ils le souhaitent.

En accueillant des réfugiés ukrainiens, est-ce que la France a été contrainte d'être moins généreuse dans l'accueil d'autres réfugiés, par exemple afghans, turcs ou bangladais ?

Absolument pas ! Le choix qu'on a fait, c'est que l'accueil des Ukrainiens n'ait aucune conséquence sur les autres types d'accueil, notamment sur les demandeurs d'asile. On a souhaité ne pas remettre en cause l'hébergement des demandeurs d'asile. Il y a eu de la place pour tout le monde. Il n'y a eu aucune conséquence. C'est aussi grâce à l'investissement des citoyens français et des collectivités locales qu'on a pu continuer à accueillir. Maintenant, évidemment, toutes les demandes d'asile ne sont pas acceptées alors que clairement, pour les Ukrainiens et compte tenu de la situation, la protection temporaire est acceptée pour tout le monde.

Est-ce que les enquêteurs français qui travaillent sur les crimes de guerre commis par l'armée russe sont toujours en Ukraine aujourd'hui ?

On a 18 personnes qui sont investies dans les enquêtes, qui permettent d'établir les preuves de crimes de guerre. Il y a aussi quatre experts qui sont mis à la disposition de la Cour pénale internationale pour les différentes expertises scientifiques qui peuvent aider à ces enquêtes. La France s'est impliquée sur beaucoup de sujets. On a aussi aidé à la sécurisation d'un certain nombre d'ambassades. L'ambassade de France évidemment, mais aussi celles de Belgique et du Japon. On a apporté 1 000 tonnes de matériel au niveau humanitaire. Bref, la France s'implique beaucoup aux côtés de l'Ukraine.

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