Crise ukrainienne : les Français sont "généreux et solidaires", mais donneront moins pour les autres causes

Selon le baromètre des Apprentis d'Auteuil publié jeudi, parmi les Français qui ont fait un don en 2021, un sur cinq prévoit de donner moins que d’habitude pour les autres causes car il a déjà donné pour les Ukrainiens.

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Radio France
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A Perpignan, de nombreux bénévoles aident à la collecte de dons et à la confection de colis d'aide humanitaire pour l'Ukraine. (CLEMENTZ MICHEL / MAXPPP)

Face à la crise ukrainienne, les Français se montrent généreux et solidaires, mais prévoient de donner moins que d'habitude pour les autres causes, selon le baromètre des Apprentis d'Auteuil "La solidarité à l’épreuve des crises", réalisé par l'Ifop et publié jeudi 12 mai.

46% ont déjà aidé les Ukrainiens

La guerre en Ukraine a poussé les Français à exprimer massivement leur solidarité, notamment à travers des dons, note l'étude. Près de la moitié de la population déclare avoir fait, ou prévoit de faire un don pour aider les réfugiés ukrainiens ou les victimes du conflit en 2022. 17% ont déjà fait un don et 29% prévoient de le faire. Dans le détail, les trois quarts des Français aux hauts revenus ont fait, ou prévoient de faire un don. 46% ont déjà aidé les Ukrainiens, 27% comptent faire un don en 2022.

Mais cet élan de générosité pénalise les autres causes. Parmi les Français qui ont fait un don en 2021, un sur cinq (20%) envisage de donner moins que d’habitude pour les autres causes car ils ont fait ou prévoient de faire un don pour les Ukrainiens. Le constat est encore plus marqué pour les donateurs disposant de hauts revenus, dont plus de deux sur cinq (41%) envisagent de réduire leurs dons pour les autres causes car ils ont fait, ou comptent faire un don pour les Ukrainiens.

Plus généralement, la part de donateurs toutes causes confondues est passée de 51% en 2019 à 48% en 2021 sur l’ensemble des Français. Elle a progressé de trois points, à 80%, chez les hauts revenus. A noter que la générosité des plus jeunes donateurs s’accentue, avec 52% des moins de 35 ans qui déclarent avoir fait un don en 2021, c'est dix points de plus en deux ans.

L’élan de solidarité lié à la crise sanitaire n’a pas duré

L'étude souligne également que si l'année 2020 a été marquée par une forte augmentation du montant des dons, et plus particulièrement des très hauts dons, les montants diminuent pour retrouver des niveaux proches de ceux d’avant la crise sanitaire liée au Covid-19. L’élan de solidarité lié à la crise n’aura donc finalement pas duré, note le baromètre. En 2021, les donateurs ont donné en moyenne 274 euros, soit 30,6% de moins qu’en 2020 (395 euros) et même 8,6% de moins qu’avant la crise sanitaire (300 euros). Dans une moindre mesure, le constat est le même pour les hauts revenus, qui ont donné en moyenne 2 191 euros, soit 11% de moins qu’en 2020 (2 463 euros), mais 2,4% de plus qu’en 2019 (2 140 euros).

Enfin, selon le baromètre, un quart des donateurs (25%) comptent moins donner, voire ne plus donner cette année. Ils le justifient avant tout par la baisse du pouvoir d’achat (57%) et la peur face à l’inflation (36%).

Le baromètre "La solidarité à l’épreuve des crises" des Apprentis d'Auteuil avec l'Ifop, a été réalisé par internet du 24 mars au 4 avril 2022, auprès de 1 000 personnes constituant un échantillon représentatif de la population française, ainsi que 500 personnes dont le revenu annuel net du foyer est supérieur à 120 000 € (moins de 2% des foyers fiscaux) .

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