Céréales bloquées en Ukraine : "Un défi gigantesque" pour "la sécurité alimentaire", alerte un porte-parole de la Commission européenne

La Commission européenne a présenté un plan d'action pour sortir d'Ukraine le maximum de céréales destinées à l'exportation, selon son porte-parole sur franceinfo vendredi, Adalbert Jahnz. 

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Radio France
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Céréales (photo d'illustration). (FRIEDEMANN VOGEL / MAXPPP)

Près de 24 000 wagons chargés essentiellement de blé et d'huile sont bloqués aux frontières de l'Ukraine avec la Pologne, la Hongrie ou la Roumanie. Depuis le début de la guerre, 25 millions de tonnes de céréales attendent de pouvoir quitter le pays. "C'est un défi qui est véritablement gigantesque", a alerté vendredi 13 mai sur franceinfo Adalbert Jahnz, porte-parole de la Commission européenne aux transports. Ces céréales, qui correspondent à la moitié de ce qui est stocké en Ukraine, "doivent quitter le pays avant la fin du mois de juillet, pour des raisons de sécurité alimentaire, des raisons économiques, mais surtout parce que la récolte arrive", explique Adalbert Jahnz. Il assure que la Commission européenne met tout en œuvre pour "coordonner les différents acteurs", comme "un grand puzzle", pour "sortir le maximum de ces céréales et oléagineux d'Ukraine à temps".

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franceinfo : Quel est le risque avec les tonnes de blé coincées en Ukraine ?

Adalbert Jahnz : Il y a à peu près 40 millions de tonnes de céréales qui sont stockées en Ukraine, dont à peu près la moitié doit quitter le pays avant la fin du mois de juillet, à la fois pour des raisons de sécurité alimentaire, pour des raisons économiques, mais surtout parce que la récolte arrive. Et donc il faut libérer de l'espace de stockage pour le grain qui arrive. C'est un défi qui est véritablement gigantesque. Il y a l'importance des céréales ukrainiennes pour la sécurité alimentaire dans le monde. Pour vous donner une idée du volume que cela représente, un train de 600 mètres de longueur peut transporter à peu près 1 900 tonnes de céréales. Lorsque l'on a plus de 20 millions de tonnes, c'est un défi qui est véritablement énorme.

À qui est destiné ce blé ?

75% du blé ukrainien est destiné aux exportations. C'est à peu près un tiers pour l'Europe, un tiers pour la Chine, un tiers pour l'Afrique. En Europe, c'est quelque chose qui affecte le consommateur. Mais évidemment, en Europe, nous n'avons pas de problème de sécurité alimentaire en tant que tel. Par contre, la situation est très différente en Afrique. Donc c'est un défi qu'il faut vraiment relever d'urgence. C'est pour cette raison-là que nous avons présenté hier un plan d'action pour mettre en place ce que nous avons appelé des corridors ou des voies de la solidarité, donc un effort conjoint entre la Commission et l'Ukraine, les autorités nationales et évidemment, les opérateurs de transports pour sortir le maximum de ces céréales et oléagineux d'Ukraine à temps.

Pourquoi est-il compliqué de sortir le blé par le rail ?

Il y a une incompatibilité entre le rail ukrainien et les rails utilisés en Europe. C'est une question d'écartement des voies, donc vraiment une question pratico-pratique, mais qui rend indispensable le transbordement de céréales ou d'oléagineux que l'on transporte. Ce qui est possible mais long. Cela prend à peu deux heures par wagon en utilisant les machines appropriées. Encore faut-il qu'il y ait suffisamment d'équipements qui soient disponibles. Autrement, on peut mettre les céréales dans des conteneurs et ensuite tout simplement transporter les containers. Mais il y a à peu près la même question. Et puis ensuite, pour le transport dans l'Europe, il y a aussi la question des créneaux disponibles pour pouvoir véritablement acheminer les trains. Donc, c'est comme un grand puzzle, au niveau européen et en collaboration avec les autorités ukrainiennes, que quelqu'un doit essayer de rassembler. C'est ce rôle que nous nous proposons de prendre en tant que Commission européenne, un rôle de mise en relation de différents acteurs, que ce soit les autorités, les opérateurs ou les fournisseurs d'équipements, en mettant en place une plateforme logistique de mise en relation qui demandera à tous ces différents acteurs de se coordonner avec cette vue d'ensemble que seuls, nous au niveau européen, nous pouvons avoir.

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