Activités de TotalEnergie et Engie en Russie : Bruno Le Maire pointe "un problème de principe à travailler avec des proches du pouvoir russe"

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Le ministre de l'Economie promet des décisions "dans les jours qui viennent".

"Il y a désormais un problème de principe à travailler avec toute personnalité politique ou économique proche du pouvoir russe", a estimé Bruno Le Maire mardi 1er mars sur franceinfo, à propos des activités de TotalEnergies et Engie en Russie. Alors que de nombreuses sanctions économiques ont été décidées par l'Union européenne, le ministre de l'Économie a indiqué qu'il allait "discuter" avec les dirigeants des deux groupes français. "C'est la liberté européenne qui est attaquée, une nation souveraine qui est attaquée et menacée par Vladimir Poutine", a-t-il justifié compte tenu de l'invasion russe en Ukraine.

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TotalEnergies est notamment actionnaire à 19,4% du groupe Novatek, groupe gazier russe privé dirigé par un oligarque, Leonid Mikhelson, figurant dans la liste des personnalités sanctionnées par l'Europe. "Tout cela ne m'a pas échappé", a réagi Bruno Le Maire qui souhaite "avant d'annoncer une décision, en discuter avec le premier intéressé", le président de TotalEnergie, Patrick Pouyanné. Selon le ministre de l'Économie, celui-ci est "parfaitement conscient de la gravité de la situation, du problème de principe que cela pose et je pense que nous pourrons prendre des décisions ensemble dans les jours qui viennent".

Le groupe Engie est lui aussi lié à la Russie. Il a converti en un prêt les parts qu'il détenait dans le projet de gazoduc NordStream 2, dont la mise en service a été suspendue par l'Allemagne, et Bruno Le Maire a considéré que "c'était un peu différent".

Peu après les déclarations du ministre de l'Economie sur franceinfo, TotalEnergies a annoncé qu'"il n'apportera plus de capital à de nouveaux projets en Russie", sans pour autant se retirer des projets dans lesquels il est actuellement investi. TotalEnergies dit "approuver l'étendue et la force des sanctions mises en place par l'Europe et les mettra en œuvre quelles que soient les conséquences (en cours d'évaluation) sur la gestion de ses actifs en Russie". En 2020, la Russie avait représenté 16,6% de la production annuelle de liquides et de gaz naturel de TotalEnergies, selon son document de référence 2020.

D'autres majors pétrolières, comme les britanniques Shell et BP, ont annoncé se retirer de leurs projets en Russie et vendre les parts de sociétés russes qu'elles détenaient.

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