Manifestation de pêcheurs français à Jersey : "L'avenir de leur métier est en cause", défend le député Bertrand Sorre

Selon l'élu de la Manche, les nouvelles conditions de pêches imposées par Londres aux marins français dans les eaux britanniques depuis le Brexit mettent en péril leur activité.

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Radio France
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Des pêcheurs français manifestent avec leur bâteau dans le port de Saint Helier, au large de l'île anglo-normande de Jersey, jeudi 6 mai 2021. (SAMEER AL-DOUMY / AFP)

Alors qu'une cinquantaine de bateaux français ont manifesté jeudi 6 mai au large de l'île anglo-normande de Jersey, le député LREM de la Manche Bertrand Sorre appelle à une levée rapide des "nouvelles mesures restrictives" britanniques imposées aux pêcheurs hexagonaux. Les conditions de pêches dans les eaux britanniques ont été durcies depuis le Brexit.

franceinfo : Par quoi passe une sortie de crise aujourd'hui ?

Bertrand Sorre : Il va falloir que, très rapidement, les autorités britanniques et jersiaises montrent qu'elles ont compris le message envoyé par les pêcheurs. Les décisions qu'elles ont prises sont totalement inacceptables et intolérables.

"Très clairement, il y a un jeu mis en place par les Anglais d'imposer des mesures restrictives, mesures qui ne sont absolument pas prévues dans le traité du Brexit."

Betrand Sorre, député LREM de la Manche

à franceinfo

On est là sur un bras de fer mis en place unilatéralement par les autorités jersiaises et du royaume et c'est inacceptable. Il faut très rapidement que ces nouvelles mesures restrictives ne soient plus imposées à nos pêcheurs.

La balle est dans le camp de Londres et de Jersey?

Tout à fait, et la Commission européenne doit relayer le souhait du gouvernement français, que les autorités britanniques entendent le message et que, très rapidement, elles annoncent l'abandon de ces mesures restrictives.

"Les pêcheurs ici sont profondément en colère et on les comprend : c'est leur terrain de pêche qui est en cause aujourd'hui, c'est l'avenir de leur métier qui est en cause."

Bertrand Sorre

à franceinfo

Ils se sont retrouvés à la date du 30 avril avec des mesures qui n'avaient été à aucun moment concertées et qui sont mises en place de façon unilatérale par les autorités anglaises, c'est totalement inacceptable, on ne peut pas tolérer ces choses.

Ça veut dire qu'aujourd'hui il y a des pêcheurs privés de ressourses?

Tout à fait. Je prends un exemple très concret d'un pêcheur de Granville dans ma circonscription. Ce pêcheur a l'habitude d'aller plus de 40 jours par an pêcher dans ces zones anglaises. Aujourd'hui, l'autorisation qu'il a reçue, c'est 11 jours de pêche dans l'année. C'est quelqu'un qui a l'habitude de pêcher, selon les périodes, la coquille Saint-Jacques et le bulot. Aujourd'hui, il n'est même plus autorisé à pêcher le bulot, c'est à dire que son métier et ses ressources sont diablement amputés. Et il n'est pas concevable pour lui de continuer le métier de cette façon-là.

Les autorités de Jersey assurent pourtant que ceux qui pêchaient l'an dernier continueront à pêcher cette année...

C'est un discours de façade, la mauvaise foi est évidente. Dans le cas que je vous cite : bien sûr, ils continuent à pêcher, mais dans quelles conditions ? Avec quel chiffre d'affaires ? Quelles possibilités d'en vivre ? Le gouvernement jersiais aujourd'hui tient un discours officiel lorsqu'il est mis devant les réalités, devant le fait accompli, mais derrière il n'arrange absolument pas les choses et n'autorise pas ce qui devrait être autorisé. Il faut revenir sur ces décisions très rapidement et il faut que la Commission européenne impose, avec les leviers dont elle dispose, la remise dans le bon droit de la pêche pour nos pêcheurs.

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