Une Italienne malade défend la recherche sur les animaux et se fait insulter

Atteinte de quatre maladies génétiques rares, la jeune femme a subi un déferlement de haine sur sa page Facebook.

Caterina Simonsen, une étudiante de 25 ans qui souffre de quatre maladies génétiques rares, en photo sur son profil Facebook.
Caterina Simonsen, une étudiante de 25 ans qui souffre de quatre maladies génétiques rares, en photo sur son profil Facebook. (CATERINA SIMONSEN)

Elle a provoqué une polémique en Italie sans le vouloir. Une étudiante de Padoue (nord-est de l'Italie), atteinte de quatre maladies génétiques rares, s'est fait insulter sur sa page Facebook après avoir défendu les tests cliniques sur les animaux.

Dans un message posté sur son profil Facebook, Caterina Simonsen, étudiante vétérinaire et végétarienne, écrivait le 21 décembre : "Moi, Caterina S., 25 ans, je remercie la vraie recherche, qui inclut l'expérimentation animale ; sans la recherche, je serais morte à 9 ans."

Caterina Simonsen, une étudiante de 25 ans qui souffre de quatre maladies génétiques rares, en photo sur son profil Facebook.
Caterina Simonsen, une étudiante de 25 ans qui souffre de quatre maladies génétiques rares, en photo sur son profil Facebook. (CATERINA SIMONSEN)

Quelques heures après ce message, son profil comptait 500 insultes et 30 souhaits de la voir mourir de la part de défenseurs de la cause animale, "un record", selon l'étudiante. Depuis, les messages se sont multipliés : "Tu pourrais mourir demain que je ne te sacrifierais pas mon poisson rouge", ou encore "Peut-être devrais-tu mourir : un être humain de moins et des animaux en plus sur cette planète".

"Ma seule 'faute', c'est d'avoir voulu vous montrer comme on vit avec mes maladies" et "sans avoir tué personne directement pour me soigner", a-t-elle plaidé, avant de poster deux vidéos pour s'expliquer. Les messages de solidarité et de soutien ont également afflué, et en premier lieu, celui du tout nouveau secrétaire du Parti démocrate (gauche) et maire de Florence, Matteo Renzi. Dans un tweet, l'élu, étoile montante de la gauche italienne, écrivait samedi : "J'ai vu sa vidéo et je voudrais vous dire de toutes mes forces que je suis avec Caterina."

"Lapidation virtuelle"

Le mot-clé #iostoconcaterina (je suis avec Caterina) faisait toujours partie dimanche des dix plus utilisés sur Twitter en Italie. Depuis son lit d'hôpital, le visage caché par un masque à oxygène, la jeune femme, qui se dit "très fatiguée", a dû poster une nouvelle vidéo sur Facebook dimanche, dans lequel elle explique son point de vue.

La Stampa, dans un éditorial intitulé "Caterina est vivante" (article en italien), a dénoncé cette "lapidation virtuelle" : "Je n'accepte pas que pour défendre les animaux, on en vienne à devenir inhumains", écrit le journaliste Massimo Gramellini. Biologiste et militante à la Ligue antivivisection, Michela Kuan a affirmé pour sa part dans La Repubblica que "l'expérimentation animale est une énorme erreur de méthode : c'est cruel mais également inutile, et parfois dangereux pour les êtres humains."

Dans le Corriere della Sera, barré en une d'une photo de Caterina Simonsen souriante, son hamster dans les mains, le philosophe FeliceCimatti affirme (article en italien: "Il est inutile de se préoccuper des poulets élevés en batterie si on n'est pas capable d'éprouver de l'empathie pour une jeune femme qui vit grâce à une machine."