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Les Grecs votent dimanche, contre l'austérité, dans un pays divisé

Onze millions de Grecs sont appelés à voter dimanche 6 mai pour élire leurs députés. Des élections législatives anticipées dans un pays en crise depuis deux ans. Les Grecs, exaspérés par les mesures draconiennes qui se succèdent vont essayer de trouver une majorité capable de sortir le pays de sa crise. La Grèce qui est toujours sous la menace d'une sortie de l'euro.
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Radio France
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Franceinfo (Franceinfo)

Dimanche, la Grèce va vivre les élections "les plus incertaines depuis les années cinquante " estime l'analyste politique Georges Sefertzis. "Nous allons avoir une longue nuit d'élection et je ne suis pas du tout sûr de qui va gagner " ajoute-t-il.
Au total, 29 partis se présentent. Du jamais vu dans le pays depuis la chute des Colonels en 1974. Ces élections vont marquer la fin d'un système ou rêgnent le Pasok (la gauche) et la Nouvelle Démocratie (conservateurs).
Lors des dernières législatives, Pasok et ND avaient obtenu ensemble 77% des voix. Dimanche prochain, ce pourcentage pourrait bien tomber à 40% à peine.

Les Grecs sont en colère. En cause, la cure d'austérité draconienne qui sévit dans le pays.
Les personnes âgées, naguère les électeurs les plus fidèles des partis de la coalition au pouvoir, devraient cette fois-ci
bouder massivement ces formations, selon les sondages. Or, 30% environ des 9,85 millions de Grecs, soit 2,8 millions, ont plus
de 65 ans.
A l'autre bout de la pyramide des âges, une bonne partie des jeunes électeurs devraient bouder les grands partis, ND et Pasok, qui gouvernent la Grèce en alternance ou ensemble depuis le rétablissement de la démocratie.
Environ 15% de l'électorat, soit 1,4 million de personnes, ont entre 18 et 29 ans. Chez les Grecs de moins de 25 ans, le taux de chômage est de l'ordre de 50%.

"Aube dorée", la grande surprise du scrutin ?

Pour exprimer leur ras-le-bol, les Grecs sont tentés de se détourner des grands partis et s'intéressent à des partis d'extrême droite comme par exemple Chryssi Avghi, "Aube dorée". Ce groupe xénophobe et violent n'a engrangé que 0,23% des voix lors des élections de 2009 mais il devrait désormais franchir aisément le seuil des 3% requis pour entrer au Parlement. De récents sondages d'opinion le créditent d'environ 5% des intentions de vote.
L'"Aube dorée" a une face sinistre qu'il cache à peine et on lui a attribué la responsabilité d'attaques violentes contre des immigrants. Les dirigeants esquivent affirment ne pas avoir connaissance de tels incidents.
Avec des quartiers d'Athènes qui ressemblent à des ghettos où des consommateurs de drogues dures se font ouvertement des injections, où les agressions et les cambriolages sont monnaie courante, beaucoup de gens ont perdu confiance en la police.
Les membres de ce parti ne cachent pas leur admiration pour beaucoup de mesures prises par Hitler, affirmant qu'il a éliminé le chômage en Allemagne. Les membres du parti font souvent le salut fasciste lors de défilés et de manifestations, affichant des slogans nationalistes et brûlant des torches.
"Nous voulons prendre le pouvoir pour décrasser le pays de ces politiciens voleurs, malins et criminels. La Grèce est devenue la poubelle de l'Europe, nous allons expulser tous les clandestins, qu'ils aillent en Italie ou en France ", lance Nikos Chryssomalis, candidat du parti à Salonique.
De son côté, le dirigeant socialiste grec Evangelos Venizelos a mis en garde les électeurs grecs contre l'entrée d'un parti selon lui "néo-nazi " au Parlement. Il dénonce "Aube dorée" comme "un phénomène extrémiste ".

"Aube dorée" comme d'autres petits partis publient des tracts dénonçant "l'occupation de la Grèce par la troïka (les représentants des créanciers UE-FMI), les usuriers internationaux et le capital sioniste".

Rien que pour cette année, les salaires ont baissé de 25% dans le privé, les pensions de retraite ont été rabotées, des milliers d'entreprises ont fait faillite et le chômage a atteint le niveau jamais vu de 21% de la population active.Seulement voilà, une fois les élections de dimanche passées, d'autres mesures vont une nouvelle fois être imposées aux Grecs. Il faut encore trouver 1,5 milliard d'€ à économiser d'ici 2013-2014.

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