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Les Grecs ne veulent pas des nouvelles mesures d’austérité

Les Grecs étaient en grève aujourd’hui. Ils le seront à nouveau demain. Ils dénoncent les nouvelles mesures d'austérité réclamées par les créanciers internationaux. Il sera difficile pour Athènes d’en faire l'économie, à moins de quitter la zone euro.
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Radio France
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Franceinfo (Franceinfo)

Les ministres de la zone euro ont été clairs. Ils donnent six jours au gouvernement  Papadémos pour adopter certaines mesures essentielles. C’est seulement dans ce cas que la Grèce pourra obtenir un nouveau prêt. Mais les Grecs ne veulent pas de ces nouvelles mesures d’austérité. Il y en a déjà eu assez.
Pour de nombreux Grecs, appauvris par cinq années de récession, ces nouvelles mesures sont inacceptables.
Le chômage touche ici un actif sur cinq. Les magasins ferment les uns après les autres.
Sur la place Syntagma, des manifestants se sont rassemblés aux cris de "Non aux licenciements! Non aux baisses de salaires !
Ne vous résignez pas. Résistez !" Des chants emblématiques de la lutte contre la dictature des colonels, renversée en 1974, ont été entonnés. La police a fait état de trois blessés dans ses
rangs et de deux parmi les manifestants. Elle signale en outre cinq arrestations.
"Vous ne pouvez nous contraindre à nous battre contre nos frères. Nous refusons de nous élever face à nos parents, nos frères, nos enfants ou tout citoyen manifestant ou exigeant un changement de politique ", dit le principal syndicat de policiers dans une lettre ouverte adressée à la "troïka" des bailleurs de fonds (FMI, Commission européenne et Banque centrale européenne).

Des ministres démissionnent

Les quatre membres du gouvernement issus du LAOS, parti d'extrême droite qui appartient à la coalition gouvernementale, ont présenté leur démission pour protester contre les exigences des créanciers internationaux.
Georges Karatzaféris, chef de file du mouvement, avait auparavant exclu de donner son aval au nouveau plan d'austérité.
"J'ai expliqué aux autres dirigeants politiques que je ne pouvais pas voter pour cet accord de prêt ", a-t-il dit lors d'une conférence de presse. "Les Grecs ne peuvent être pris en otages et asservis. On nous a pris notre dignité. Nous avons été humiliés. Je ne peux pas l'accepter ".
La secrétaire d'Etat aux Affaires étrangères, Marilisa Xenogiannakopoulou, membre du Parti socialiste (Pasok), a également présenté sa démission, mais le mouvement a invité ses élus à soutenir le plan.  
"Nous ne pouvons laisser la Grèce faire faillite", a déclaré le Premier ministre Lucas Papadémos en conseil des ministres.

Magré tous ces désaccords, le gouvernement grec a tout de même fini par approuver dans la nuit un projet de loi engageant le pays dans les réformes exigées par l'Union européenne et le Fonds monétaire international pour la mise en oeuvre d'un second plan de sauvetage de 130 milliards d'euros.
Ce projet de loi devrait être voté par le parlement dimanche.

Athènes doit rembourser 14,5 milliards d'euros d'emprunts d'Etat arrivant à échéance le mois prochain.
Les ministres de la zone euro ont exigé que le parlement se prononce sur le plan d'austérité. Ils avaient donné six jours au gouvernement
Papadémos pour adopter certaines mesures essentielles et ils réclament des garanties sur la mise en œuvre de l'ensemble du plan après les élections législatives d'avril.

Le dispositif prévoit notamment une baisse de 22% du salaire minimum, la suppression de 150.000 postes dans la fonction publique et une réduction des pensions de retraite.
Les grèves se poursuivent encore demain.

 

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