Cet article date de plus de dix ans.

Le prix Quadriga pour "esprits éclairés" ne sera finalement pas attribué cette année après une semaine de vive polémique

La décision a été annoncée samedi par les organisateurs. Ils avaient dit la semaine dernière vouloir remettre le prix à Vladimir Poutine, le premier ministre russe.Les organisateurs arguent des "critiques massives dans les médias et le monde politique".
Article rédigé par
France Télévisions
Publié
Temps de lecture : 2 min.
Vladimir Poutine, le premier ministre russe, devait recevoir cette année le prix Quadriga pour "esprits éclairés" (France 2)

La décision a été annoncée samedi par les organisateurs. Ils avaient dit la semaine dernière vouloir remettre le prix à Vladimir Poutine, le premier ministre russe.

Les organisateurs arguent des "critiques massives dans les médias et le monde politique".

Ils disent "regretter profondément la nouvelle que (l'ancien président tchèque) Vaclav Havel veut rendre son prix reçu en 2009" - en signe de protestation contre la distinction promise à Vladimir Poutine.

"Nous traiterons avec respect toute décision de cette organisation. Cela n'a aucun rapport avec les relations russo-allemandes", a réagi samedi le porte-parole de Vladimir Poutine, Dmitri Peskov, interrogé par téléphone par l'AFP.

Vendredi encore Berlin estimait qu'il s'agissait d'une affaire privée, la récompense étant décernée par une association. Mais samedi le gouvernement allemand s'en est mêlé. Le chargé de mission du gouvernement allemand pour les droits de l'Homme, Markus Löning, déclarait dans le Tagesspiegel: "Je saluerais le fait que Vladimir Poutine ne reçoive pas ce prix".

Des propos tenus alors même que s'ouvrent lundi à Hanovre des consultations intergouvernementales germano-russes, avec la chancelière Angela Merkel et le président russe Dmitri Medvedev.

Werkstatt Deutschland remet chaque année ses prix Quadriga le 3 octobre, à la date anniversaire de l'unification allemande. Elle avait annoncé la semaine dernière que son choix s'était porté sur l'ancien président russe, au terme d'un "débat enflammé" au sein du jury de 20 personnalités, composé de responsables politiques, de journalistes et d'hommes d'affaires.

Trois membres du comité d'encadrement de Werkstatt Deutschland ont ensuite démissionné en signe de protestation, dont l'un des deux présidents des Verts en Allemagne, Cem Özdemir.

Les anciens lauréats menacent de rendre leur prix
Distingué en 2010, l'artiste danois Olafur Eliasson a déjà franchi le pas et rendu son prix Quadriga, a indiqué la Galerie Neugerriemschneider qui le représente à Berlin, citée dans le Frankfurter Allgmeine Sonntagszeitung (FAS) à paraître dimanche.

Et selon le Tagesspiegel samedi, qui cite des cercles d'anciens dissidents à Prague, Vaclav Havel, lauréat en 2009, "envisage sérieusement" de faire de même. Le journal Bild am Sonntag (BamS) rapporte les mêmes informations, en ajoutant que M. Havel a posé un "ultimatum" jusqu'à lundi à l'organisation pour qu'elle revienne sur sa décision, transmis selon le journal via l'ambassadeur de la République tchèque à Berlin, Rudolf Jindrak.

Mardi, l'organisation justifiait encore sa décision d'honorer Vladimir Poutine: "La continuité et la poursuite du développement de nouvelles relations de confiance entre la Russie, l'Allemagne et l'Union européenne font partie des grandes réalisations de Vladimir Poutine". Son bilan "s'inscrit dans la tradition du tournant de 1989-1990", estimait encore le comité.

Le prix Quadriga a notamment distingué ces dernières années le président de la Commission européenne José Manuel Barroso et le président serbe Boris Tadic.

Prolongez votre lecture autour de ce sujet

tout l'univers Europe

Commentaires

Connectez-vous à votre compte franceinfo pour participer à la conversation.