Le parquet de Naples demande le renvoi en justice de Berlusconi pour corruption

L'ancien président du Conseil est accusé d'avoir versé plusieurs millions d'euros à un sénateur en 2006 pour fragiliser la coalition de Romano Prodi. Une enquête avait été ouverte fin février.

Silvio Berlusconi le 1er février 2012 au Parlement italien, à Rome (Italie).
Silvio Berlusconi le 1er février 2012 au Parlement italien, à Rome (Italie). (ANDREAS SOLARO / AFP)

Les ennuis judiciaires continuent pour Silvio Berlusconi. Le parquet de Naples a demandé lundi 11 mars le renvoi en justice immédiat de l'ancien président du Conseil italien pour corruption. Il est soupçonné d'avoir "acheté" il y a plusieurs années un sénateur de l'opposition, des faits qui ont donné lieu à l'ouverture d'une enquête fin février.

Le Cavaliere a déjà été condamné, jeudi 7 mars, à un an de prison ferme pour violation du secret de l'instruction dans une autre affaire, pour laquelle il a fait appel.

Un sénateur "acheté" 3 millions d'euros 

Cette fois, les faits présumés de corruption remontent aux élections législatives de 2006. Celles-ci ont été remportées de justesse par la coalition de gauche de Romano Prodi, avec seulement une poignée de voix d'avance sur Silvio Berlusconi au Sénat.

Quelques mois après les élections, Sergio De Gregorio, l'un des sénateurs appartenant à la coalition de Prodi, a quitté son camp pour celui de Silvio Berlusconi. Ce transfert opportun a accéléré la chute du gouvernement de gauche, qui a jeté l'éponge en 2008. Selon le parquet, Berlusconi aurait versé trois millions d'euros, dont deux en espèces, à Sergio De Gregorio pour le débaucher. Ce dernier l'a reconnu devant des magistrats, et même dans la presse.

Berlusconi a été accusé à plusieurs reprises par ses adversaires politiques d'avoir acheté des voix ou des élus, mais c'est la première fois qu'il se retrouve officiellement accusé pour un cas concret de corruption d'un homme politique. La procédure de "jugement immédiat", permise quand la preuve du délit est considérée comme "évidente", permet d'accélérer le processus judiciaire.