Le gouvernement allemand a décidé de prolonger l'activité des 17 centrales nucléaires du pays

Il a fallu plusieurs de négociation pour que la chancelière allemande Angela Merkel fasse adopter cette extension, l'une de ses principales promesses électorales à l'industrie du pays.Les associations de protection de l'environnement et les Verts ont aussitôt critiqué cet accord sur fond d'opinion publique majoritairement hostile au nucléaire.

meeting contre la prolongation de durée des centrales nucléaires allemande dimanche à Berlin
meeting contre la prolongation de durée des centrales nucléaires allemande dimanche à Berlin (AFP PHOTO / ODD ANDERSEN)

Il a fallu plusieurs de négociation pour que la chancelière allemande Angela Merkel fasse adopter cette extension, l'une de ses principales promesses électorales à l'industrie du pays.

Les associations de protection de l'environnement et les Verts ont aussitôt critiqué cet accord sur fond d'opinion publique majoritairement hostile au nucléaire.

La division est apparue au sein même du gouvernement, entre un ministre de l'Economie, Rainer Brüderle, qui exigeait une vingtaine d'années de rallonge et un ministre de l'Environnement, qui ne voulait pas entendre parler de plus de huit ans.

Au final, les centrales les plus anciennes vont obtenir un sursis de huit ans tandis que les plus récentes verront leur durée de vie prolongée de 14 ans. Mais ces dates sont loin d'être fermes, car le gouvernement ne raisonne pas en années mais en quantités d'électricité allouées à chaque réacteur. Avec ce système, les opérateurs pourraient condamner plus rapidement les vieilles centrales et transférer les quotas ainsi "gagnés" sur des réacteurs récents.

Compromis également sur les taxes

Autre sujet de discorde, le projet de taxation du nucléaire qui oppose les exploitants des centrales et l'Etat. Les compagnies concernées, EON, RWE, Energie Baden-Württemberg et Vattenfall mènent une campagne acharnée contre ce projet qu'ils souhaitent voir remplacée par une redevance fixe déductible de l'impôt sur les sociétés. Ils menacent de réduire leurs investissements, voire de fermer certaines centrales si le projet est mis en oeuvre.

Là encore, le gouvernement a adopté une position médiane avec la probable limitation à six ans du prélèvement de cette taxe censée rapporter 2,3 milliards d'euros par an.

Mais en parallèle, les quatre géants de l'énergie devront investir 15 milliards d'euros dans les énergies renouvelables et dépenser "des sommes considérables" pour la sécurité, a assuré Mme Merkel lundi, dans une tentative de rassurer l'opinion publique.

La Chancelière tente de rassurer l'opinion publique
"Nous avons besoin du nucléaire et du charbon comme énergie de transition", a déclaré la Chancelière en assurant qu'elle "prenait au sérieux" les inquiétudes de la population. Le nucléaire civil ne sera utilisé "qu'aussi longtemps que ce sera nécessaire" pour "parvenir à l'ère des énergies renouvelables", a-t-elle ajouté.

De leur côté, les organisations écologistes ont appelé à manifester le 18 septembre à Berlin.

Incertitude sur l'avenir du projet
Outre l'opposition de la rue, Mme Merkel va devoir se battre dans les couloirs du Parlement et dans les prétoires. Son gouvernement espère que son projet pourra se dispenser d'un passage devant la chambre haute du Parlement allemand, le Bundesrat, qui représente les Etats régionaux, où sa coalition a perdu la majorité au printemps.

Mais le parti social-démocrate SPD et les Verts ont fait savoir qu'ils attaqueraient en justice, certains commentateurs estimaient que l'affaire pourrait remonter jusqu'à la cour constitutionnelle.