Le conseiller d'Edouard Philippe Sandro Gozi démissionne de Matignon

L'ancien secrétaire d'État italien devenu conseiller d'Édouard Philippe est soupçonné d'avoir travaillé avec le gouvernement maltais tout en étant à Matignon. 

L\'ancien secrétaire d\'État italien devenu conseiller d\'Édouard Philippe, lors d\'une prise de parole, à Paris, le 6 mai 2019. 
L'ancien secrétaire d'État italien devenu conseiller d'Édouard Philippe, lors d'une prise de parole, à Paris, le 6 mai 2019.  (KARINE PIERRE / HANS LUCAS / AFP)

L'ancien secrétaire d'État italien devenu conseiller d'Édouard Philippe, Sandro Gozi, quitte Matignon. Mercredi 23 octobre, il a annoncé dans un courrier transmis à l'AFP sa démission, après avoir été soupçonné d'avoir travaillé avec le gouvernement maltais tout en étant à Matignon.

Dénonçant de "viles attaques", l'Italien a décidé "à contre-coeur" de démissionner pour "retrouver la pleine liberté de parole" afin de se défendre et "éviter toute instrumentalisation politique qui pourrait porter préjudice au chef du gouvernement" français. Matignon a indiqué à l'AFP "prendre acte de sa décision qui lui permettra d'apporter sereinement toutes les explications nécessaires" et a dit "remercier" Sandro Gozi "pour le travail accompli depuis août".

Il était chargé, auprès d'Edouard Philippe, du suivi de la mise en place des nouvelles institutions européennes et des relations avec le Parlement européen.

Un contrat avec Malte 

Lundi, Le Monde et le quotidien maltais Times of Malta avaient affirmé que Sandro Gozi avait signé un contrat de conseil avec Malte en juin 2018. Le gouvernement maltais, comme Sandro Gozi, avaient dans un premier temps déclaré au Monde que ce contrat étaient encore valables, avant de changer de version.

"Le contrat maltais mentionné dans la presse régit légalement une mission de conseil effectuée en tant que consultant externe auprès des autorités maltaises", s'est-il défendu dans le courrier. Cette collaboration "a cessé à [sa] demande après le résultat des élections européennes en France" le 26 mai, poursuit-il, assurant avoir remis des preuves de ses affirmations.

Elu en 22e position sur la liste de La République en marche, Sandro Gozi n'a cependant pas encore siégé comme eurodéputé, en raison des reports successifs du Brexit qui retardent le départ du contingent britannique. En attendant, il a donc été embauché au cabinet du Premier ministre français le 1er août. A cette occasion, l'Italien avait réalisé ses "obligations déclaratives en tant que conseiller ministériel auprès de la Haute autorité pour la transparence de la vie publique" (HATVP), assure-t-il dans sa lettre.

Sandro Gozi avait confirmé lors de son embauche "que son emploi de cabinet à Matignon était exclusif de toute autre activité professionnelle, a fortiori pour un autre gouvernement", avait assuré Matignon mardi.