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Le chef socialiste francophone Elio Di Rupo a persuadé vendredi huit partis de négocier en vue de former un gouvernement

L'annonce a été faite dans la nuit ayant suivi la fête nationale jeudi, et alors que le pays est confronté à une crise politique sans précédent, toujours privé de gouvernement en exercice quelque 400 jours après les législatives du 13 juin 2010.Une fois obtenu cet accord, Elio Di Rupo s'est rendu chez le roi Albert II pour lui faire rapport.
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Le roi belge Albert II lors de l'enregistrement de son discours pour la Fête nationale (20/07/2011) (AFP / Bruno Arnold / Pool Belga)

L'annonce a été faite dans la nuit ayant suivi la fête nationale jeudi, et alors que le pays est confronté à une crise politique sans précédent, toujours privé de gouvernement en exercice quelque 400 jours après les législatives du 13 juin 2010.

Une fois obtenu cet accord, Elio Di Rupo s'est rendu chez le roi Albert II pour lui faire rapport.

Le monarque, constatant "la volonté exprimée par une large majorité de résoudre les problèmes institutionnels et socio-économiques auxquels le pays est confronté", a demandé au leader du PS de poursuivre sa mission de "formateur", a indiqué le palais dans un communiqué.

Elio Di Rupo venait d'avoir une longue réunion de clarification avec les responsables de ces huit partis -quatre francophones (dont le PS) et quatre flamands- jeudi, jour de la fête nationale belge, "afin de permettre à chacun de bien se comprendre".

L'annonce ne peut que détendre une atmosphère singulièrement alourdie depuis qu'une base de compromis proposée par le dirigeant socialiste avait été rejetée début juillet par les deux principaux partis flamands, la Nouvelle Alliance flamande (N-VA, indépendantiste) et les chrétiens-démocrates du CD&V.

Sept autres partis des deux communautés linguistiques avaient en revanche donné leur accord pour ouvrir des négociations sur un programme de gouvernement et un transfert de compétences supplémentaires aux régions belges, comme le réclame la Flandre (60% de la population).

Albert II avait tenu en suspens la démission que Elio Di Rupo lui avait présentée, dans l'espoir qu'il obtienne l'appui du CD&V, indispensable pour parvenir au quorum des deux tiers nécessaire à la Chambre pour une réforme constitutionnelle. Finalement, le chef de ce parti, Wouter Beke, s'était dit mercredi prêt à négocier, quelques heures après une mise en garde solennelle du roi contre la poursuite de la crise. Il avait toutefois exigé que certaines mesures trop favorables à ses yeux aux francophones dans la note d'Elio Di Rupo soient mises au placard.

Wouter Beke avait ensuite été invité jeudi à expliquer devant les sept autres partis sur quelle base exacte il était disposé à négocier la formation d'un gouvernement. La réunion aura duré près de sept heures.

Les négociations ne démarreront cependant pas immédiatement, a précisé le communiqué, le roi ayant proposé au chef du PS, qui l'a acceptée, une "trêve" jusqu'à la mi-août pour permettre aux responsables politiques belges de se reposer de leur "grande fatigue" après une crise de plus de 400 jours.

Depuis les législatives du 13 juin 2010, le pays est dirigé par un gouvernement qui expédie strictement les affaires courantes.

Ensuite, "les discussions reprendront sur la base de l'organisation des travaux" que Elio Di Rupo a fait avaliser par les huit partis. Si l'accord s'est fait sur la méthode, cependant, on en est sans doute encore loin sur le contenu et l'équilibre reste "fragile" entre néerlandophones et francophones, a observé l'agence Belga.

Mercredi, dans un discours très attendu, le roi Albert II, 77 ans, l'air et le ton graves, l'index tendu vers la caméra, avait solennellement mis en garde ses compatriotes sur l'avenir du pays, et notamment les dirigeants politiques flamands et francophones.

Le souverain, qui ne dispose que d'un pouvoir d'influence, s'était dit ", de mémoire d'homme, de formation d'un gouvernement". Un triste record mondial ravi par la Belgique à l'Irak. La crise politique est due aux profondes divergences entre les partis néerlandophones, qui réclament une très large autonomie pour la Flandre (nord), et des francophones attachés à un Etat fédéral fort.

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