Le chef de l'Etat a estimé vendredi que la gestion de cet appel d'offres n'était "pas des méthodes"

"J'avoue que je n'ai pas apprécié cette décision", a déclaré M. Sarkozy lors d'une conférence de presse pendant une visite à Londres.Airbus a dû renoncer à participer à l'appel d'offres après le retrait de son allié américain Northrop Grumman. Boeing est désormais seul en lice pour un marché évalué à 35 milliards de dollars.

Nicolas Sarkozy et le Premier ministre britannique Gordon Brown, au 10 Downing Street, le 12/03/10
Nicolas Sarkozy et le Premier ministre britannique Gordon Brown, au 10 Downing Street, le 12/03/10 (AFP/Carl de Souza)

"J'avoue que je n'ai pas apprécié cette décision", a déclaré M. Sarkozy lors d'une conférence de presse pendant une visite à Londres.

Airbus a dû renoncer à participer à l'appel d'offres après le retrait de son allié américain Northrop Grumman. Boeing est désormais seul en lice pour un marché évalué à 35 milliards de dollars.

L'appel d'offres pour la fourniture de 179 avions ravitailleurs à l'armée américaine a été attribué une première fois à Boeing en 2003, puis une deuxième fois à Airbus (EADS) et Northrop Grumman en 2008, et à chaque fois annulé.

"Aujourd'hui, j'apprends que (le) partenaire américain d'EADS doit se retirer de la compétition", a déclaré M. Sarkozy lors d'une conférence de presse commune avec le Premier ministre britannique Gordon Brown. "Les métodes" retenues pour le dernier contrat "ne sont pas bonnes pour les partenaires des Etats-Unis et pour les Etats-Unis (...) une grande nation avec laquelle nous sommes proches et amis".

Pour sa part, M.Brown, s'est également dit "déçu par la décision américaine".

Le Premier ministre français François Fillon a accusé mercredi le gouvernement américain de "manquement grave" aux règles de la concurrence.

La Commission européenne avait jugé mardi "hautement regrettable" le retrait d'EADS.

Au sujet des hedgs funds, accusés d'avoir eu une lourde responsabilité dans la crise financière et, récemment, dans l'attaque contre la monnaie grecque, Nicolas Sarkozy a indiqué que les discussions européennes sur les fonds spéculatifs visaient à "trouver un point d'équilibre" qui permette d'obtenir la transparence, sans que la City "ne se sente mise en danger".

Il a précisé qu'un tel accord n'avait pas encore été trouvé, mais que les "collaborateurs vont s'y mettre".

De son côté, M. Brown a repris ces arguments en se montrant "confiant" également "qu'un résultat très satisfaisant pourrait être trouvé dans les prochains jours". "Ce sera l'affaire des ministres des Finances la semaine prochaine", a-t-il dit.

En ce qui concerne les difficultés financières de la Gèce, les deux hommes n'ont pas paru particulièrement emballés par l'idée d'un Fonds monétaire européen, défendue par l'Allemagne.

M.Sarkozy a indiqué " que tous les jours il y a une nouvelle idée (qui apparaît) et (..) il faudra, à un moment, qu'on se mette tous autour de la table et qu'on réfléchisse".

"Nous sommes prêts à examiner toute proposition qui se fait jour, mais je pense qu'une solution aux problèmes que rencontre la Grèce est possible dans le cadre actuel, et je pense que c'est vers quoi on s'achemine", a remarqué de son côté M. Brown.

Sarkozy, heureux de retrouver Gordon Brown

Lors de la conférence de presse, le président de la République a indiqué: "Je suis très heureux d'être à Londres. Je crois à la pertinence d'un accord entre la Grande-Bretagne et la France pour faire bouger l'Europe et pour faire bouger le monde qui a tant besoin de réformes".

MM. Brown et Sarkozy ont eu un déjeuner de travail au 10, Downing street, pour préparer le prochain Conseil européen des 25 et 26 mars.

Toutefois, "je n'ignore nullement nos différences: il est anglais, je suis français, il est socialiste, je ne le suis pas. Et en même temps, on a toujours travaillé en partenariat et en confiance" au cours "des épreuves" affrontées, a également affirmé le président français, évoquant "le traité de Lisbonne, la crise, la régulation du capitalisme, la régulation des cours des matières premières".

Le président français devait ensuite rencontrer le chef du parti conservateur David Cameron, principal rival de Gordon Brown aux prochaines élections législatives.