Le camp Berlusconi divisé face à la crise politique

La décision surprise du Cavaliere de demander samedi aux ministres de son parti du Peuple de la Liberté (PDL) de démissionner passe mal auprès de ses partisans. Des responsables de droite s'interrogent sur le moyen d'éviter la chute du gouvernement d'Enrico Letta.

(Maxppp)

"Devenir berlusconien autrement ". Angelino Alfano, vice-Premier ministre et secrétaire du PDL, s'interroge : et s'il était temps de prendre ses distances avec le Cavaliere ?

Samedi, l'ancien président du conseil a provoqué la surprise en demandant à tous les ministres de son parti du Peuple de la Liberté (PDL) de démissioner, provoquant ainsi une énième crise politique en Italie. Mais quarante-huit heures après ce coup de théâtre, beaucoup de partisans de Berlusconi s'interrogent sur la nécessité de faire chuter le gouvernement d'Enrico Letta.

"Berlusconi en désaccord avec Berlusconi "

"En Italie, il y a un parti qui fait des primaires pour choisir entre l'eau
plate et l'eau gazeuse
[ ndlr : le Mouvement cinq étoiles de Beppe Grillo] et
puis il y a un autre parti où ils se retrouvent à cinq à déjeuner et décident
de faire chuter le gouvernement
", a déploré le ministre Gaetano Quagliarello,
membre du parti du Cavaliere et un des principaux frondeurs.

"La question du jour est : combien résistera cette fois l'obéissance
aveugle et absolue au Chef? Le monde de Berlusconi n'a jamais été autant en
désaccord avec Berlusconi." (La Stampa)

Le quotidien italien La Stampa  a souligné lundi que "de nombreux parlementaires du PDL perçoivent dans leurs villes respectives
la vive contrariété de leurs électeurs face à la chute du gouvernement d'Enrico
Letta. Des électeurs qui ne comprennent pas le geste du Cavaliere. Ou mieux,
des électeurs qui le comprennent comme une réaction à ses ennuis judiciaires
".

La situation reste indécise, et tout risque de se jouer mercredi, lorsque le chef du gouvernement Enrico
Letta se présentera pour un vote de confiance devant le Sénat. S'il ne dispose
pas en théorie de la majorité des voix, il pourrait essayer de former une nouvelle majorité unissant les centristes de Mario Monti - qui lui a apporté son soutien samedi - et d'éventuels transfuges du parti de Beppe Grillo. Une solution qui permettrait de ne plus dépendre des états d'âmes de Berlusconi.

Scission du PDL ?

Quant aux parlementaires du PDL, ils se réuniront plus tard dans la journée. Une
vingtaine de sénateurs pourraient ainsi faire état auprès du Cavaliere de leur volonté de créer une nouvelle formation, s'il
n'assouplissait pas ses positions envers Enrico Letta. "Si Silvio n'accepte pas de faire des concessions par
rapport à ce que demandent les plus durs, nous pourrions former
un nouveau groupe modéré d'ici mercredi
", a-t-il déclaré lundi un responsable du PDL sous couvert de l'anonymat.

L'Italie assisterait alors à une scission du parti entre d'un côté les berlusconiens "purs et durs " qui se regrouperaient au sein de Forza Italia que le Cavaliere vient de relancer, et de l'autre les "modérés " qui resteraient au PDL.