En Turquie, les femmes répondent à un ministre misogyne avec le sourire

Pour le vice-Premier ministre turc, les femmes ne devraient pas rire en public. Du coup, les Turques ont inondé les réseaux sociaux d'autoportraits rieurs.

Le vice-Premier ministre turc Bulent Arinç, le 24 juillet 2014, à Ankara (Turquie).
Le vice-Premier ministre turc Bulent Arinç, le 24 juillet 2014, à Ankara (Turquie). (ADEM ALTAN / AFP)

Elles ont décidé d'en rire. En réponse aux déclarations de Bulent Arinç, le vice-Premier ministre, qui a estimé, lundi 28 juillet, que "les femmes ne doivent pas rire en public", de nombreuses femmes turques ont posté sur les réseaux sociaux des autoportraits où elle affiche un large sourire.

Comme l'explique Hurriyet (en anglais), Bulent Arinç, un des leaders de l'AKP, le parti au pouvoir en Turquie, s'est aussi plaint lors de son discours sur la corruption morale du temps que les femmes passaient à "échanger des recettes au téléphone". "Où sont passées nos filles qui baissaient la tête et détournaient les yeux quand on les regardait ?", s'est-il encore interrogé. 

Peu de temps après que le ministre a tenu ces propos, de nombreuses femmes ont commencé à poster des messages hostiles sur les réseaux sociaux, précédés des hashtags #kahkaha ("rire" en turc) et #direnkahkaha ("rire pour résister"). Le tout, avec le sourire.

Des personnalités turques se sont également levées contre les déclarations du vice-premier ministre, à l'image de l'écrivaine Ece Temelkuran, qui a posté à son tour sur Twitter, estimant que la déclaration de Bulent Arinç était "extrêmement outrageuse et conservatrice". "Mon fil Twitter était plein de femmes en train de rire, ce qui est extraordinaire et magnifique", s'est-elle félicitée à la BBC.

"Les hommes ne devraient pas pleurer en public"

De nombreux hommes ont également relayé le mouvement, à l'image d'un présentateur de télévision qui déclare sur Twitter : "Oh mon Dieu, espérons que cela soit une blague. Si les femmes ne peuvent plus rire en public, alors les hommes ne devraient pas pleurer."

Des militantes turques des Femen ont, elles aussi, décidé de dénoncer les déclarations d'Arinç, en apparaissant comme toujours dénudées, mais souriantes.