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La mafia transforme la Méditerranée en poubelle pour déchets toxiques

Après les révélations d’un ex-mafieux, la police italienne a découvert il y a une semaine une épave pleine de bidons radioactifs au large de la côte sud du pays. Cela confirme les suspicions qu’avaient les magistrats anti-mafia depuis plus de dix ans : la mafia calabraise se serait débarrassée des déchets toxiques d’une trentaine de navires au fond de la mer Méditerranée.
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Radio France
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 (Radio France ©REUTERS/ Dario Pignatelli)

Dès 2006, Francisco Fonti, repenti de la Ndrangheta, la mafia calabraise, avait révélé que son organisation avait coulé le cargo Cunsky en 1992, avec 120 fûts radioactifs à bord. Mais, faute de moyens et de coopération des autorités, il a fallu des années aux magistrats pour découvrir l’épave toxique. «Pour l’instant, on ne connaît pas l’origine des déchets, mais il est probable qu’ils viennent de l’étranger. C’est une première avancée.», a déclaré Bruno Giordano, l’un de ces magistrats.

Fransisco Fonti a raconté le sabordage du Cunsky : «Nous avions des détonateurs, mais à courte portée, 300 mètres il me semble. On les a déclenchés depuis notre vedette.» Selon lui, les déchets nucléaires venaient de Norvège, et les explosifs des Pays-Bas.

La découverte du Cunsky n’est qu’une première étape. Les anciens mafieux auraient confessé que la Ndrangheta a été payée pour se débarrasser en mer des déchets radioactifs de 32 embarcations. La mafia a également transporté des milliers de fûts radioactifs en Afrique, selon les repentis. Parmi ces déchets, on trouverait notamment des produits toxiques tels que le plutonium, le thorium 234 ou le sulfate d’ammonium. Ces déchets ne seraient pas dangereux pour les baigneurs, mais peuvent l’être dans l’alimentation.

Depuis des années, des organisations écologistes, dont Legambiente et Greenpeace, ainsi que les magistrats dénoncent le silence de l’Etat sur le sujet. Des plaintes ont été déposées depuis 1994 mais les enquêtes archivées. Les autorités italiennes pourraient vouloir délibérément « enterrer ces affaires », explique Sebastiano Venneri, vice-président de Legambiente.

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