La justice révèle les pratiques du parti néonazi grec Aube dorée

Dans un rapport judiciaire rendu public ce lundi, la justice grecque a révélé les nombreuses actions criminelles du parti néonazi Aube dorée. Ses militants s'en sont notamment pris de manière organisée à des immigrés pakistanais.

(Dimitri Messinis AP/SIPA)

C'est une organisation "strictement hiérarchisée" que révèle le rapport du vice-procureur de la cour suprême Charalambos Vourliotis. Aube
dorée, dont les principaux chefs ont été arrêtés ce week-end, a à sa tête un
dirigeant "tout puissant selon le principe de Hitler, le Führerprinzip", détaille le rapport qui explique que les membres du parti néo-nazi grec
bénéficient d'un "entraînement de type militaire, surtout dans des régions
de l'Attique", dans l'agglomération d'Athènes.

Aube dorée a surtout mené des dizaines d'actions criminelles,
qui ont commencé en 1987 "d'abord contre des immigrés et ensuite contre
des Grecs". Le rapport pointe ainsi deux homicides volontaires, trois tentatives
d'homicides et de nombreuses attaques contre des immigrés.

Des actions à moto

Un
ancien militant évoque sa participation "à plusieurs reprises à des actions où prenaient
part 50 à 60 motos, avec deux personnes sur chacune. Celui qui était à
l'arrière tenait un bâton avec le drapeau grec et frappait tous les Pakistanais
qu'il rencontrait".

Un
des ex-militants a lui affirmé que "la goutte d'eau qui a fait déborder le vase a été
quand ils ont tiré avec des armes contre deux Pakistanais. L'un a réussi à s'en
fuir mais l'autre a été attrapé, violemment battu à coups de pieds dans la
tête. Les agresseurs disaient : 'On frappe un
pénalty' ou 'Peut-être qu'il est mort'".

Par ailleurs, selon les
témoins placés par la justice en situation de témoins protégés, "il y
avait des stylets, des matraques et des couteaux dans des locaux du
parti". La police continue ses perquisitions dans ces locaux et recherche des caches d'armes.