VIDEO. Gina Miller, la voix des anti-Brexit, réclame un deuxième référendum

Cette femme d'affaires britannique est celle qui a obligé le gouvernement britannique à consulter le Parlement pour mettre en œuvre le Brexit. Pour elle, la question posée lors du référendum de 2016 n’était pas la bonne.

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RADIO FRANCE

C'est l'une des figures de cette saga du Brexit. La femme d'affaires Gina Miller, grâce à une action en justice, a obligé le gouvernement britannique à consulter le Parlement sur le processus de sortie de l'Union européenne. Elle a été entendue par les sénateurs de la commission des Affaires étrangères à Paris, jeudi 17 janvier. Franceinfo l’a rencontrée.

La Haute cour lui a donné raison

Sans cette activiste londonienne, militant pour que le Royaume-Uni reste en Europe, les Britanniques ne seraient peut-être pas enfoncés dans une paralysie politique. En effet, c’est Gina Miller, femme d'affaires de 53 ans, qui au lendemain du référendum sur le Brexit, en 2016, a contesté au gouvernement britannique le droit d'invoquer l'article 50 du Traité sur l'Union européenne, permettant un retrait de l’UE. Pour Gina Miller, c'était au Parlement de se prononcer sur une telle décision.

Et la justice lui a donné raison. Depuis, les parlementaires britanniques se divisent sur l’accord de sortie négocié par la Première ministre Theresa May. Un accord rejeté massivement par les députés britanniques mardi 15 janvier, soumettant la chef du gouvernement à un vote de défiance le lendemain. Une "bonne nouvelle" pour Gina Miller.

Un vote "à l’aveugle" en 2016

Celle qui a créé l'association "End the Chaos" milite en effet pour un nouveau référendum. "L’idée de rester sur le choix des gens prononcé il y a près de trois ans n’était pas démocratique, estime-t-elle. À l’époque on ne savait rien ! Le référendum était un vote 'à l’aveugle'". La question posée, "on reste" ou "on sort" était "simpliste" pour la cheffe d’entreprise.

Depuis qu’elle se bat contre le Brexit, Gina Miller a fait l’objet de menaces de mort très inquiétantes. D’autant plus depuis l’assassinat de la députée pro-européenne, Jo Cox. Et ces tensions ne sont pas finies, craint la femme d’affaires. L’épineuse question du Brexit n’a pas encore trouvé de solution : "Tous les sondages montrent que les gens, quel que fût leur vote il y a trois ans, quel que ce soit le parti auquel ils adhèrent, veulent avoir la possibilité de voter à nouveau."

"Mais il sera difficile d’obtenir un accord", reconnaît Gina Miller. Theresa May a jusqu’à lundi 21 janvier pour présenter une nouvelle mouture, avant d’affronter une nouvelle motion de censure. Et le temps presse. La date de sortie du Royaume-Uni est programmée au 29 mars.

Gina Miller, en janvier 2019.
Gina Miller, en janvier 2019. (FRANCEINFO)