Sommet européen, session parlementaire... Pourquoi la semaine est déterminante pour les négociations sur le Brexit

Bruxelles et Londres poursuivent les discussions pour tenter de trouver un accord sur le Brexit, avant le sommet européen des 17 et 18 octobre.

Le Premier ministre britannique prononce un discours lors de la conférence annuelle du Parti conservateur, le 2 octobre 2019, à Manchester.
Le Premier ministre britannique prononce un discours lors de la conférence annuelle du Parti conservateur, le 2 octobre 2019, à Manchester. (BEN STANSALL / AFP)

Plus que 17 jours avant la date (prévue) du Brexit. Le Royaume-Uni et l'Union européenne entament une semaine cruciale, lundi 14 octobre, pour tenter de parvenir à un accord de divorce. "Il reste beaucoup de travail à faire" pour sortir de l'impasse, a estimé dimanche Michel Barnier, négociateur de l'UE. Après un week-end de discussions intenses entre Londres et Bruxelles, franceinfo liste trois moments clés de cette semaine marathon.

Lundi : le discours de la reine au Parlement britannique

Elizabeth II a pris la parole devant le Parlement britannique, lundi 14 octobre à la mi-journée, pour présenter le programme de politique nationale de Boris Johnson. Le traditionnel discours de la reine, qui marque l'ouverture d'une nouvelle session parlementaire, a détaillé 22 nouveaux projets de loi. Comme l'a précisé la BBC (en anglais), ce programme contient notamment les dernières propositions du Premier ministre pour réaliser le Brexit le 31 octobre et "saisir les opportunités" nées du divorce avec Bruxelles.

"La priorité de mon gouvernement a toujours été d'assurer une sortie du Royaume-Uni de l'Union européenne le 31 octobre", a déclaré la reine de 93 ans, se faisant la voix du Premier ministre. Concernant les quelque 3,4 millions d'Européens vivant au Royaume-Uni, le gouvernement s'est engagé à ce qu'"ils aient le droit de rester", a déclaré Elizabeth II. Le programme de l'exécutif prévoit également de nouveaux régimes en matière de pêche, d'agriculture et de commerce, après la sortie de l'UE.

"Nous continuons de travailler sur un accord de sortie pour que nous puissions passer aux négociations sur la future relation avec nos amis européens, basée sur le libre-échange et la coopération amicale, avait auparavant garanti Boris Johnson, cité par la BBC. Mais la population ne veut pas juste qu'on trouve une solution au Brexit. Ce discours de la reine, optimiste et ambitieux, nous met sur la voie pour réaliser tout cela et plus encore."

Le programme du gouvernement conservateur prévoit également la fin de la liberté de mouvement (accompagnée d'un nouveau système d'immigration "à points"), des mesures environnementales pour lutter contre la pollution plastique et atmosphérique, ou encore un plan de lutte contre les crimes. Les parlementaires débattront ensuite de ces propositions, avant un vote qui devrait se tenir au retour de Boris Johnson de Bruxelles. En parallèle, le Royaume-Uni et l'UE poursuivent les discussions techniques pour tenter de trouver un accord sur le Brexit.

Jeudi et vendredi : le sommet européen à Bruxelles

Les dirigeants européens se réunissent jeudi 17 et vendredi 18 octobre à Bruxelles, lors d'un sommet crucial. Après que les 27 ont rejeté son plan de Brexit "dans sa forme actuelle", Boris Johnson a fait de nouvelles propositions à son homologue irlandais, Leo Varadkar. Peu de détails ont toutefois filtré sur les solutions possibles aux points de désaccord persistants entre le Royaume-Uni et l'UE, notamment pour éviter le retour d'une frontière physique entre l'Irlande et l'Irlande du Nord, qui menacerait la paix sur l'île.

Les 27 souhaiteraient avoir une proposition concrète d'accord sur laquelle se prononcer à l'issue de ces deux jours de sommet européen. Mais si les négociations piétinent, les échanges pourraient se concentrer sur les conditions d'un nouveau report du Brexit. Une loi adoptée en septembre contraint Boris Johnson à demander une troisième extension à Bruxelles, si aucun accord n'a été trouvé entre les deux parties d'ici samedi 19 octobre. Mais le Premier ministre britannique a une nouvelle fois exclu, le 6 octobre, de repousser encore la date fatidique (sans préciser comment il comptait se soustraire à cette obligation). Une nouvelle demande de report devrait être approuvée à l'unanimité par les 27.

Samedi : une séance extraordinaire à la Chambre des communes

La journée du 19 octobre a été qualifiée de "super samedi", tant les enjeux seront grands au Parlement britannique, rapporte le Guardian (en anglais). Les députés devraient exceptionnellement siéger samedi (ce ne serait que la quatrième fois depuis 1939) pour discuter de la sortie du Royaume-Uni de l'UE. Selon l'issue du sommet européen, Boris Johnson présentera un projet d'accord validé par Bruxelles ou dévoilera son plan pour les prochaines semaines.

La loi Benn contraint le Premier ministre à demander un nouveau délai aux 27 si la Chambre des communes n'a pas approuvé le texte samedi à 23 heures (minuit sur le continent). Mais rien ne dit que Boris Johnson parviendra à convaincre les députés, divisés entre partisans du maintien de liens étroits avec Bruxelles et défenseurs d'une coupure nette. En début d'année, la Chambre a ainsi rejeté trois fois l'accord négocié par l'ex-Première ministre Theresa May. "Comparé au Parlement britannique, un sphinx égyptien est un livre ouvert", a commenté le président sortant de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker.