Relations franco-britanniques : "Il y a une forme d'échec de la dimension diplomatique", pour l'ancien ministre Frédéric Cuvillier

Selon le maire de Boulogne-sur-Mer, l'Europe est dans une impasse face à un Premier ministre britannique qui "est dans la manipulation populiste d'enjeux".

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Radio France
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Frédéric Cuvillier, maire de Boulogne-sur-Mer (Pas-de-Calais) et ancien ministre des Transports, en janvier 2015. (XAVIER DE TORRES / MAXPPP)

"Boris Johnson fait des affaires intérieures son enjeu électoral, au détriment de la nécessité d'avoir des relations apaisées avec ses voisins", fustige sur franceinfo, vendredi 26 novembre, Frédéric Cuvillier, maire socialiste de Boulogne-sur-Mer et ancien ministre des Transports et de l'Économie maritime. Le Premier ministre britannique  a demandé, jeudi, à la France de reprendre les immigrés arrivant en Grande-Bretagne. Gérald Darmanin, le ministre de l'Intérieur, a, dans une forme de riposte, annulé la participation britannique à une réunion de crise sur les migrants prévue dimanche. 

L'hostilité entre la France et le Royaume-Uni est encore montée d'un cran autour de la question migratoire ?

Il y a une forme d'échec de la dimension diplomatique. La vicissitude des relations avec nos voisins et amis anglais est historique. Nous les connaissons comme de très fins négociateurs. Par ailleurs, nous savons combien Boris Johnson, depuis le début, fait des affaires intérieures son enjeu électoral au détriment de la politique collective et de la nécessité d'avoir des relations apaisées avec ses voisins.

Encore faut-il que nous puissions nous parler sans prendre à témoin les opinions publiques.

Frédéric Cuvillier

à franceinfo

Les sujets sont suffisamment graves pour que la diplomatie retrouve sa place dans toute sa dimension. Mais il faut regarder la réalité en face, si le Royaume-Uni est aujourd'hui l'eldorado de centaines de milliers de migrants c'est aussi parce que les conditions d'accueil y sont favorables, avec des conditions d'employabilité, avec des logements, de l'hébergement, c'est une réalité. On ne peut pas avoir un double-discours et des actes différents.

Sur la question de la pêche et des licences refusées aux bateaux français, comment expliquez-vous l'absence de résolution en un an de crise ?

On voit, sur la crise migratoire, comme sur la pêche, que Boris Johnson en fait un problème politique interne et qu'il est dans la manipulation populiste d'enjeux. Les pêcheurs britanniques voient bien que le Brexit ne leur apporte rien et qu'ils risquent même de perdre des parts de marché puisque le marché est en Europe et que la production et la pêche sont sur des eaux britanniques, mais c'est l'image de la souveraineté, de la toute-puissance sur les autres et sur la souveraineté britannique qui est en jeu. Si nous n'avons pas d'accord sur ces questions il faut en faire un postulat, il y a suffisamment de sujets sur lesquels l'Europe doit mettre le Royaume-Uni face à ses responsabilités, c'est vrai du transport aérien notamment, de l'énergie. Il faut que Londres accepte les conséquences de sa position, la sortie de l'Union européenne.

C'est légitime, selon vous, de pointer du doigt la responsabilité de la Commission européenne ?

C'est la Commission qui a négocié cet accord de sortie du Royaume-Uni de l'Union européenne et cet accord est une forme de sacrifice de la pêche. J'ai été un des rares à dire 'attention' sur le volet pêche de l'accord Brexit, il y a plus de questions que de réponses et, surtout, il y a des dispositions de nature à être remises en cause. Parce que nous n'avons pas été clairs sur les dispositions à mettre en place, cela fait un an que rien n'est réglé pour les malheureux pêcheurs qui n'ont plus accès aux eaux territoriales.

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