Pêche post-Brexit : le Royaume-Uni annonce 23 licences supplémentaires pour la France, loin des 104 réclamées

Paris, qui avait fixé le 10 décembre comme date butoir pour résoudre le conflit, attend encore au moins 81 licences.

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Un bateau de pêche français entre dans le port de Boulogne-sur-Mer (Pas-de-Calais), le 19 octobre 2021. (STEVEN WASSENAAR / HANS LUCAS / AFP)

Un premier geste. Le Royaume-Uni a accordé 23 licences supplémentaires aux pêcheurs français, a annoncé samedi 11 décembre un porte-parole du gouvernement britannique, au lendemain d'une date butoir fixée par Paris pour résoudre le conflit des droits de pêche post-Brexit.

"Hier soir, après avoir reçu des éléments justificatifs additionnels de la part de la Commission européenne, le Royaume-Uni a accordé 18 licences à des navires de remplacement" prenant la place de bateaux pêchant auparavant dans les eaux britanniques, tandis que l'île anglo-normande de Jersey a de son côté approuvé cinq nouvelles licences samedi, a précisé ce porte-parole.

En vertu de l'accord signé fin 2020 entre Londres et Bruxelles, les pêcheurs européens peuvent continuer à travailler dans les eaux britanniques à condition de pouvoir prouver qu'ils y pêchaient auparavant. Mais depuis plus de onze mois, Français et Britanniques se disputent sur la nature et l'ampleur des justificatifs à fournir. La France a obtenu 1 004 licences de pêche post-Brexit et en "attend encore 104", avait précisé le ministère français de la Mer vendredi.

Des pêcheurs français à bout de patience

La France et l'UE vont "continuer à travailler" pour obtenir des Britanniques les quelque 80 licences de pêche encore manquantes, a réagi le gouvernement français. "Ce travail s'est accéléré ces derniers jours, permettant de confirmer ou d'obtenir plus de 80 licences depuis la semaine dernière pour les pêcheurs français", se sont félicités la ministre de la Mer, Annick Girardin, et le secrétaire d'Etat aux Affaires européennes, Clément Beaune, dans un communiqué.

Après avoir menacé d'aller au contentieux si aucune avancée n'était enregistrée dans la journée de vendredi, la France avait dit attendre "un geste de bonne volonté" de la part de Londres pour poursuivre les discussions. Si Londres "campe sur sa position, nous demanderons à la Commission européenne, dans le week-end, d'annoncer qu'un contentieux est engagé", avait réaffirmé auparavant le secrétaire d'Etat français aux Affaires européennes, Clément Beaune.

Sur les côtes françaises de la Manche, les pêcheurs sont à bout de patience, assurant avoir fourni "tous les documents exigés". Le ton est déjà monté à plusieurs reprises : un blocus de Jersey par les pêcheurs français en mai dernier ; des menaces françaises de sanctions en octobre ; et, plus récemment, le blocage par les pêcheurs français de ports et du terminal fret du tunnel sous la Manche.

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