Conflit sur la pêche post-Brexit : Paris menace de "réduire" les livraisons d'électricité à l'île britannique de Jersey

L'accord post-Brexit prévoit que les pêcheurs européens puissent continuer à travailler dans certaines eaux territoriales britanniques, à condition d'obtenir une licence. Mais le nombre de licences accordé est restreint, et nombre de pêcheurs normands n'ont plus le droit d'accéder à certaines zones.

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Le secrétaire d'Etat aux Affaires européennes, Clément Beaune, le 7 octobre 2021 à l'Elysée, à Paris. (DANIEL PIER / NURPHOTO / AFP)

La France tape du poing sur la table. Après dix jours de bras de fer avec Londres, Paris a menacé vendredi 8 octobre de "réduire" ses livraisons d'électricité sur l'île de Jersey en raison de la crise post-Brexit liée à la pêche.

L'accord post-Brexit, conclu in extremis à la fin de l'année dernière entre Londres et Bruxelles, prévoit que les pêcheurs européens puissent continuer à travailler dans certaines eaux britanniques à condition d'obtenir une licence, accordée s'ils peuvent prouver qu'ils y pêchaient auparavant. Dans les zones de pêche encore disputées, Londres et Jersey ont accordé au total un peu plus de 200 licences définitives, alors que Paris en réclame encore 244. L'île de Jersey est située à seulement quelques kilomètres des côtes normandes.

Jersey évoque des menaces "inacceptables"

"Réduire les livraisons [d'électricité à Jersey] c'est possible, couper le courant à chaque habitant de Jersey cet hiver, cela n'arrivera pas", a déclaré le secrétaire d'Etat français aux Affaires européennes, Clément Beaune, sur la chaîne BFMTV. L'accord obtenu par le négociateur de l'UE, Michel Barnier, sur le Brexit prévoit un "accord d'export sur l'énergie", a-t-il relevé. "Donc on peut réguler les flux. Je ne souhaite pas qu'on en arrive là. C'est une des possibilités politiques."

Jeudi, le ministre des Affaires étrangères de Jersey, Ian Gorst, avait dénoncé les menaces "inacceptables" et "disproportionnées" de la France, qui avait laissé entendre qu'elle pourrait couper le courant à l'île anglo-normande, alimentée par des câbles sous-marins partant des côtes françaises.

"Cela reviendrait à couper la fourniture d'énergie à 108 000 îliens, à notre hôpital et à nos écoles", avait-il souligné. Il a assuré que Jersey avait un plan de secours au cas où cette menace serait mise à exécution.

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