Négociations sur le Brexit : fin du premier round d'observation entre les Britanniques et l'Union européenne

Européens et Britanniques se sont retrouvés pendant quatre jours, pour évoquer les conditions de la sortie du Royaume-Uni de l'Union européenne.

David Davis et Michel Barnier, lors des négociations sur le Brexit, le 17 juillet 2017.
David Davis et Michel Barnier, lors des négociations sur le Brexit, le 17 juillet 2017. (DURSUN AYDEMIR / ANADOLU AGENCY)

Les négociateurs de l’Union européenne (UE) et du Royaume-Uni ont conclu jeudi 20 juillet la première session de négociations du Brexit. Les Européens et les Britanniques étaient réunis depuis lundi à Bruxelles, sous l’égide des négociateurs en chef, David Davis pour le Royaume-Uni et Michel Barnier pour l’UE. Leurs discussions étaient axées autour de trois priorités : le "solde des comptes" que réclame l'Europe au Royaume-Uni, le sort des ressortissants européens installés outre-Manche, et la question de la frontière entre les deux Irlande.

Après quatre jours de discussions, les résultats sont maigres. Cette semaine de pourparlers aura surtout été l'occasion de faire connaissance avec les arguments des deux parties. David Davis et Michel Barnier ont tous les deux évoqué une négociation constructive. Dans les faits, les deux hommes ont avant tout "défriché le terrain", tant les divergences restent nombreuses.

Trois sujets, deux désaccords

Le désaccord semble particulièrement important, en ce qui concerne les droits des quelques 3,3 millions d'Européens qui vivent au Royaume-Uni. Le gouvernement britannique propose d'inscrire ces droits dans une future loi nationale.

Les Européens préconisent une toute autre option, d'après Michel Barnier : "Les Européens doivent pouvoir trouver, dans l'accord de retrait lui-même, la certitude juridique dont ils ont besoin dans leur vie quotidienne. Franchement, de notre côté, nous ne voyons aucune autre manière pour garantir la pérennité de ces droits européens exercés" que la possibilité de régler les litiges devant la Cour de justice de l'Union européenne (CJUE).

"Toute référence au droit européen implique son contrôle par la Cour de justice de l'Union européenne", a justifié le négociateur européen, alors que l’intervention de la CJUE est justement le point le plus contesté par le gouvernement britannique. Londres a clairement dit qu'il ne voulait plus reconnaître la souveraineté de la plus haute juridiction européenne.

Une ardoise estimée à 100 milliards d'euros

Les désaccords ne s’arrêtent pas là, puisque le champ des obligations financières du Royaume-Uni n’a pas pu être défini. Cela concerne les engagements pris par le Royaume-Uni en tant que pays membre de l'Union. La facture est estimée à environ 100 milliards d'euros par l'Europe, une somme jugée "exorbitante" outre-Manche.

Finalement, les deux camps ne sont pour l’instant d’accord que sur une seule chose : la nécessité de maintenir ouverte la frontière entre l'Irlande et la province britannique d'Irlande du Nord. Bruxelles et Londres n'ont toutefois pas encore trouvé le moyen d’y parvenir. La prochaine session de négociation commencera le 28 août. Les Européens espèrent que les Britanniques auront clarifié leurs positions avant cette nouvelle rencontre.