"Le risque d'un Brexit sans accord augmente fortement", juge Pierre Moscovici

Commissaire européen aux Affaires économiques, Pierre Moscovici est l'invité des "4 Vérités" de France 2, mercredi 13 mars. Il revient sur le second rejet de l'accord de Brexit par le Parlement britannique.

France 2

C'est encore un échec pour Theresa May, la Première ministre britannique. Le Parlement a rejeté une seconde fois l'accord de sortie de l'Union européenne par 391 voix contre 242. C'était la dernière chance d'obtenir un accord négocié selon Pierre Moscovici. "Il y a eu plusieurs chances, le train est passé une fois, le train est passé deux fois, il y a eu deux votes tous les deux massifs du Parlement britannique. L'Union européenne a fait tout ce qu'elle a pu pour offrir des solutions, garantir, assurer, réassurer", indique le Commissaire européen aux Affaires économiques, invité des "4 Vérités" de France 2, mercredi 13 mars.

"Maintenant, très clairement, c'est aux Britanniques de dire, après avoir dit ce qu'ils ne voulaient pas, ce qu'ils veulent", assure Pierre Moscovici. Les députés doivent se prononcer, par un nouveau vote mercredi, sur la possibilité de quitter l'Union européenne sans accord. Si cette proposition est rejetée, un troisième vote sera effectué jeudi sur un report de la date de la sortie de l'Union européenne. 

Un report qui doit se justifier

L'Union européenne a encore négocié lundi soir, concédant d'importantes garanties notamment sur la question de la frontière irlandaise. D'autres tractations diplomatiques sont-elles à prévoir ? "Il n'y aura pas de négociations dans les jours qui viennent et d'ici au 29 mars. Maintenant, il y a une autre échéance qui est un Conseil européen qui se tiendra les 21 et 22 mars et qui aura peut-être à décider (...) d'une extension, qui doit être raisonnée", indique le commissaire européen, qui se questionne sur un report éventuel : "Une extension pour quoi faire ? Pour combien de temps ?".

"Ce qui augmente fortement c'est le risque d'un 'no deal', une sortie désordonnée, brutale, comme d'une falaise, du Royaume-Uni. C'est la raison pour laquelle, dans les 17 jours qui viennent, ce que nous devons faire, c'est continuer les préparations à ce scénario comme aux autres d'ailleurs", conclut Pierre Moscovici.

Le commissaire européen aux affaires économiques, Pierre Moscovici, à Bruxelles, le 12 juillet 2017.
Le commissaire européen aux affaires économiques, Pierre Moscovici, à Bruxelles, le 12 juillet 2017. (ALEXANDROS MICHAILIDIS / SOOC / AFP)