Le Brexit pourrait aider à "décongeler (...) la défense commune européenne" (Arnaud Danjean, eurodéputé)

Le sommet européen des 27 a eu lieu à Bratislava en Slovaquie, vendredi 16 septembre, pour parler sécurité. Pour Arnaud Danjean, eurodéputé LR, spécialiste des questions de défense, le départ du Royaume-Uni pourrait débloquer quelques dossiers.

L\'eurodéputé Arnaud Danjean lors des élections européennes, le 13 mai 2014.
L'eurodéputé Arnaud Danjean lors des élections européennes, le 13 mai 2014. (/NCY / MAXPPP)

L'eurodéputé (LR) Arnaud Danjean, spécialiste des questions de défense, a fait part samedi sur franceinfo de son scepticisme quant à la relance de la défense commune européenne, au lendemain du sommet de Bratislava, où les 27, sans le Royaume-Uni qui fait désormais bande à part, ont annoncé faire une priorité de ce dossier dans les prochains mois.

"Le sommet de Bratislava, il n'y a vraiment pas de quoi s'enthousiasmer ! Il y a trois ou quatre lignes sur la défense pour dire "on se reverra en décembre pour savoir comment on met en oeuvre ce qui a été décidé'", a déploré Arnaud Danjean.

Selon le député européen, le Brexit, même s'il revient à se priver "d'une puissance [Le Royaume-Uni, NDLR] qui reste le premier buget militaire européen et une puissance militaire reconnue", pourrait contribuer à "décongeler un certain nombre de dossiers" liés à la défense européenne.

"Certains États européens pensent les Anglais posaient beaucoup d'obstacles idéologiques car ils étaient radicalement contre une Europe de la défense", a estimé Arnaud Danjean, pour qui la sortie du Royaume-Uni de l'Union européenne ne va pas non plus tout changer d'un coup. "Ce n'est pas pour autant que ce que l'on va décongeler va devenir opérationnel", a expliqué l'eurodéputé.

Des distances à prendre avec l'OTAN

Selon Arnaud Danjean, l'Europe de la défense doit se montrer plus complémentaire et parfois prendre un peu plus ses distances avec l'OTAN (organisation du traité de l'Atlantique Nord), dont tous les membres ne partagent pas forcément les mêmes objectifs stratégiques que les États européens.

"Les intérêts de la Turquie ne sont pas toujours convergents avec les nôtres, c'est le moins que l'on puisse dire. Il faut que par rapport à l'OTAN qui est beaucoup plus vaste, l'Union européenne fasse entendre sa voix sur un certain nombre de dossiers qui lui sont propres", a proposé Arnaud Danjean.

"Les Anglais posaient beaucoup d'obstacles idéologiques" (Arnaud Danjean, eurodéputé LR)
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