"On va souffrir, les premiers temps" : à Calais, le Brexit inquiète les professionnels du tourisme

Le Royaume-Uni vit ses dernières heures au sein de l'Union européenne. À minuit, le jeudi 31 décembre, le divorce sera prononcé. Comment le vit-on côté français ? Reportage de franceinfo à Calais. 

Article rédigé par
Radio France
Publié Mis à jour
Temps de lecture : 2 min.
A minuit le jeudi 31 décembre 2020, le Brexit sera officiel. (PHILIPPE TURPIN / MAXPPP)

À partir de jeudi 31 décembre 2020 à minuit, c'est officiel, le Royaume-Uni ne fait plus partie de l'Union européenne. Un accord post-Brexit a été signé et il change les règles. Il est désormais plus compliqué de se rendre d'un côté ou de l'autre de la Manche. Vu du côté français, à Calais, comment les habitants prennent-ils la nouvelle ? Les professionnels du tourisme se disent inquiets et redoutent les conséquences. 

Il faut dire que les Anglais étaient ici chez eux à Calais. Ils étaient les bienvenus dans le Pas-de-Calais. Les bars, les restaurants, les hôtels et les commerces travaillaient énormément avec les Anglais venus passer le week-end ou faire un petit "break" avant d'aller ou de revenir du Sud de la France ou des Alpes. Pour Pierre Nouchi, le président de l'Umih (l'Union des métiers et des industries de l'hôtellerie) dans ce département, les "British" étaient "number one" : "Au niveau touristique, les Anglais c'étaient les premiers. Par exemple dans un hôtel, on pouvait monter à 90% de touristes anglais. Je me demande : 'Est-ce qu'on va avoir autant d'Anglais qui vont venir se balader sur notre territoire que ce qu'on a eu jusqu'à présent ?' Moi je pense qu'on va souffrir les premiers temps."

"On va leur dire 'Si tu veux aller là-bas, il va falloir que tu prennes ton passeport, tu vas être contrôler à la douane, tu ne pourras plus mettre ce que tu veux dans ta voiture' [...] C'est toujours quelque chose qui freine l'envie de venir."

Pierre Nouchi, président de l'Umih 62

franceinfo

Et cette situation ne concerne pas que Calais. Cela concerne plus largement la côte d'Opale. Calais, bien sûr, mais aussi Boulogne-sur-Mer, Le Touquet où les Britanniques viennent jouer au golf, ou encore l'intérieur des terres comme Arras qui attirait les Anglais. Des Anglais qui risquent d'être beaucoup moins nombreux parce qu'à partir de vendredi 1er janvier, ce sera beaucoup plus compliqué de traverser la Manche et de faire ses emplettes comme avant, c'est ce qu'explique Pierre Nouchi : "On pouvait acheter tu tabac, de l'alcool, on pouvait mettre ce qu'on voulait [dans sa voiture]. Aujourd'hui, ça va être contrôlé, il va falloir que 10 litres d'alcool, alors qu'avant on pouvait prendre ce qu'on voulait."

Une statue pour représenter les bonnes relations entre la France et le Royaume-Uni

Au-delà d'être inquiets, les professionnels mais aussi les habitants sont plutôt tristes d'imaginer leur département sans les Britanniques. Les habitants de Calais s'y étaient habitués, à un point tel que dans la ville se trouve une grande statue, inaugurée il y a trois ans, qui représente le général De Gaulle et Winston Churchill. Tous les deux marchent à l'unisson. Cette statue est censée représenter les bonnes relations entre Calais et les Britanniques.

Le reportage de Valentin Dunate
--'--
--'--
Copié dans le presse-papier !

Commentaires

Connectez-vous à votre compte franceinfo pour participer à la conversation.