Irlande du Nord : la Nouvelle IRA admet sa responsabilité dans la mort d'une journaliste, une femme arrêtée

Le groupe armé a transmis une déclaration au quotidien "The Irish News". La police a annoncé mardi une nouvelle arrestation dans le cadre de cette enquête.

Une stèle en hommage à la journaliste tuée Lyna McKee, le 19 avril 2019, à Londonderry (Irlande du Nord).
Une stèle en hommage à la journaliste tuée Lyna McKee, le 19 avril 2019, à Londonderry (Irlande du Nord). (PAUL FAITH / AFP)

La Nouvelle IRA a admis être responsable de la mort de la journaliste Lyra McKee, tuée par balle jeudi 18 avril lors d'affrontements à Londonderry. Dans une déclaration transmise mardi au quotidien The Irish News (en anglais) et contenant un message codé, le groupe armé luttant pour la réunification de l'Irlande présente "ses sincères et entières excuses à la partenaire, à la famille et aux amis de Lyra McKee pour sa mort".

De son côté, la police nord-irlandaise a annoncé mardi l'arrestation d'une femme de 57 ans dans le cadre de l'enquête sur ce meurtre. Deux hommes de 18 et 19 ans arrêtés samedi ont, eux, été relâchés sans poursuite, a précisé la police.

La journaliste tuée "tragiquement"

La journaliste âgée de 29 ans a été assassinée, jeudi, par un individu qui a ouvert le feu sur la police lors d'affrontements à Londonderry, en Irlande du Nord. Lyra McKee été "tragiquement" tuée alors qu'elle se "tenait à côté des forces ennemies", a justifié la Nouvelle IRA. Le groupe armé a pointé du doigt des forces de l'ordre "lourdement armées", qui auraient "provoqué les émeutes". 

Ce drame rappelle les heures sombres des "Troubles" qui ont déchiré l'Irlande du Nord pendant trois décennies. Ce conflit, qui a opposé les républicains nationalistes catholiques, partisans de la réunification de l'Irlande, aux loyalistes unionistes protestants, défenseurs du maintien dans la Couronne britannique, ont fait plus de 3 500 morts. Ils ont pris fin grâce à l'accord du Vendredi saint, en 1998, qui avait imposé le retrait des forces britanniques et le désarmement de l'Armée républicaine irlandaise (IRA). Mais des républicains dissidents, luttant pour la réunification de l'Irlande, y compris par la violence, restent actifs, comme la Nouvelle IRA, créée entre 2011 et 2012. Ce groupe avait déjà revendiqué l'explosion, en janvier, d'une voiture piégée à Londonderry.