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Immobilier, emploi, conso... : quels sont les secteurs qui flanchent le plus dans le Royaume-Uni post-Brexit ?

Depuis le début de la semaine, six groupes financiers gérant des actifs dans l'immobilier commercial (bureaux, magasins...) ont été contraints de fermer temporairement, face à la panique des investisseurs. 

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Des passants devant une boutique de luxe, à Londres, le 2 juin 2016.  (NEIL HALL / REUTERS)

Au Royaume-Uni, les conséquences du Brexit atteignent l'économie réelle. Si le Brexit a entraîné une dégradation de la note du Royaume-Uni par Standard and Poor's, de AAA, la meilleure possible, à AA, et par Fitch, de AA+ à AA, certaines craintes sur l'impact économique du Brexit commencent à se matérialiser.

Mercredi 7 juillet, soit près de deux semaines après la décision historique des Britanniques de quitter l'Union européenne, francetv info dresse la liste des secteurs en difficulté : 

L'immobilier tremble

Ce phénomène n'avait plus été vu depuis la crise de 2008 : depuis le début de la semaine, six groupes financiers gérant au total près de 15 milliards de livres (environ 17 milliards d'euros) d'actifs dans l'immobilier commercial (bureaux, magasins...) ont été contraints de fermer temporairement. La raison ? Les investisseurs ont été pris de panique face à la crainte d'un retournement du marché immobilier britannique, en plein boom ces dernières années notamment à Londres.

"La décision a été prise en raison de pressions exceptionnelles exercées sur les fonds, résultat de l'incertitude suivant le référendum sur l'UE et de la récente suspension d'autres fonds immobiliers", a notamment expliqué Henderson, l'une des firmes concernées. Désormais, "plus de la moitié des fonds immobiliers britanniques sont désormais gelés, et vont le demeurer jusqu'à ce que leurs gérants aient levé suffisamment d'argent pour faire face aux demandes de remboursement" des investisseurs, a prévenu Laith Khalaf, analyste chez Hargreaves Lansdown. Mais "pour faire cela, ils doivent vendre des biens".

Dans la foulée de ces mouvements de panique, les valeurs immobilières et les groupes financiers exposés à l'immobilier ont subi une descente aux enfers à la Bourse de Londres. Mais au-delà de la Bourse, tout le secteur de la construction s'est grippé : premier indicateur publié pour juin, mois du référendum du 23 juin, l'indice PMI de la construction s'est contracté pour la première fois depuis mi-2013 et à un rythme qui n'avait plus été enregistré depuis 2009, lors du krach immobilier provoqué par la crise financière.

La consommation en berne

En pleine période de soldes, les Britanniques ont quelque peu déserté les magasins. Selon des chiffres publiés par le cabinet Springboard, la fréquentation des "high streets" (grandes artères commerçantes) a chuté de 11% mardi 28 et mercredi 29 juin par rapport à la même période l'an dernier. "L'attention des gens a été détournée du shopping et ils sont peut-être inquiets avec toute cette incertitude autour de ce que nous allons devenir", a déclaré Diane Wehrle, de Springboard.

Et dans l'ensemble du secteur des services, prépondérant dans l'économie britannique, les premiers signaux sont négatifs. L'indice PMI du secteur, publié mardi, a montré un net ralentissement en juin, de nombreuses entreprises ayant repoussé ou annulé leurs commandes en raison de l'incertitude entourant le Brexit. Même si la période étudiée couvrait surtout les jours d'avant le vote, ce ralentissement pourrait, selon le cabinet Markit qui publie cet indice, entraîner un coup de frein de la croissance à 0,2% au deuxième trimestre contre 0,4% au premier.

L'emploi fragilisé 

Selon les dernières statistiques officielles, le Royaume atteignait en avril 5% de chômage, soit son niveau le plus bas niveau depuis 11 ans. Mais le marché de l'emploi commence à s'assombrir, selon l'AFP. Dans les services, le taux d'embauches s'est inscrit en juin à son plus faible niveau depuis près de trois ans, selon le cabinet Markit.

Plus préoccupant encore, selon CEB Talent Neuron, le nombre d'offres d'emplois publiées dans le pays après le vote (23 juin-4 juillet) a été divisé par près de deux à 817 376 contre 1,466 million la semaine précédente.

La livre effondrée 

Au plus bas depuis 31 ans face au billet vert, la livre s'est effondrée de près de 15% par rapport au dollar et à l'euro depuis le référendum. Et la chute de la livre a déjà un impact concret pour les Britanniques partant en vacances en Espagne ou en France notamment, qui vont voir leur budget fortement amputé. La conséquence est similaire pour leurs nombreux compatriotes installés dans le sud de l'Europe pour leur retraite.

Les entreprises exportatrices tirent en revanche profit de cette baisse de la monnaie britannique, leurs produits devenant plus compétitifs outre-Manche et au-delà. Mais l'incertitude autour du maintien de l'accès au marché unique européen inquiète, notamment le secteur automobile qui produit au Royaume-Uni plus de 1,5 million de véhicules par an, en majorité exportés vers l'Europe.

Ce secteur a d'ailleurs commencé à payer comptant cette incertitude en enregistrant en juin une baisse des immatriculations de 0,8% sur un an, la première baisse depuis octobre.

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