"Il n’y aura pas d’accord de commerce avec les Britanniques s’il n'y pas un accord sur l’accès réciproque pour les pêcheurs", indique Michel Barnier

Michel Barnier, le négociateur en chef européen dans les relations avec le Royaume-Uni, s'exprimait lundi sur France Inter alors que l'accès des navires de pêche français aux eaux de l'île anglo-normande de Guernesey a été temporairement suspendu en raison du Brexit.

Michel Barnier, le 29 janvier 2020, à Bruxelles.
Michel Barnier, le 29 janvier 2020, à Bruxelles. (JOHN THYS / AFP)

"Il n'y aura pas d’accord de commerce avec les Britanniques s’il n'y pas un accord sur l’accès réciproque pour les pêcheurs", déclare lundi 3 février Michel Barnier, le négociateur en chef européen dans les relations avec le Royaume-Uni, sur France Inter, alors que le gouvernement britannique souhaite mettre fin à l'accès "automatique" des navires européens à ses eaux territoriales et que l'accès "automatique" des navires de pêche français aux eaux de l'île anglo-normande de Guernesey a été temporairement suspendu en raison de la sortie du Royaume-Uni de l'Union européenne.

Le Brexit, acté dans la nuit de vendredi à samedi, s'est en effet aussi traduit par l'expiration de la Convention de Londres sur la pêche, qui régit depuis 1964 les droits de pêche dans les eaux côtières (6 à 12 milles nautiques) des Etats membres de l'UE signataires. Les autorités de Guernesey se sont finalement engagées à délivrer rapidement des autorisations individuelles aux pêcheurs français.

"Tout dépendra du niveau d’accord que nous trouverons"

La pêche est, selon Michel Barnier, "l'une des questions numéro 1 à régler" dans le cadre des négociations qui vont s'ouvrir entre Londres et Bruxelles afin de définir leurs futures relations commerciales. "Le débat est simple : les Britanniques veulent retrouver leur souveraineté. Ils ne sont pas opposés à un accord avec nous et tout dépendra du niveau d’accord que nous trouverons", a ajouté celui qui a été ministre de l'Agriculture et de la pêche entre 2007 et 2009 en France . 

En quelque sorte, nous allons négocier l’accès des eaux territoriales britanniques pour les pêcheurs en même temps que nous négocierons l’accès des marchés européens pour les produits de pêche britanniques.Michel BarnierA France Inter

Dimanche, Jean-Yves Le Drian, ministre des Affaires étrangères français, avait indiqué que "le Royaume-Uni exporte 75 % de sa production halieutique vers l’Union européenne".

Le gouvernement britannique a présenté mercredi 29 janvier un projet de loi retirant aux bateaux de pêche de l'Union européenne le droit de pouvoir accéder automatiquement aux poissonneuses eaux territoriales britanniques. Le texte prévoit aussi que le Royaume-Uni gérera lui-même ses stocks halieutiques et quittera bien la Politique commune de la pêche (PCP) à l'issue d'une période de transition après le Brexit vendredi, qui court jusqu'à fin 2020.