Brexit : "On va s'étriper" avec les Britanniques lors des négociations sur les futures relations avec l'UE, estime Jean-Yves Le Drian

"Je pense que sur les questions commerciales ou sur le dispositif de relations futures, que l'on va engager, on va s'étriper pas mal", a déclaré Jean-Yves Le Drian lors de la conférence de sécurité de Munich.

Le ministre des Affaires étrangères quitte le palais de l\'Elysée, à Paris, le 12 février 2020.
Le ministre des Affaires étrangères quitte le palais de l'Elysée, à Paris, le 12 février 2020. (ALAIN JOCARD / AFP)

Le chef de la diplomatie française a dit dimanche s'attendre à une négociation tendue entre l'Union européenne et Londres sur leur relation future après le Brexit. "Je pense que sur les questions commerciales ou sur le dispositif de relations futures, que l'on va engager, on va s'étriper pas mal, a déclaré Jean-Yves Le Drian lors de la conférence de sécurité de Munich, grand-messe annuelle sur les questions diplomatiques et de défense. Mais ça fait partie de la négociation, chacun va défendre ses intérêts."

"Souhaitons qu'elle se fasse le plus rapidement possible même s'il y a beaucoup de sujets et que nous avons des points lourds à gérer, a jugé le ministre des Affaires étrangères. Moi j'en ai un en particulier, (...) qui est la question du poisson." Jean-Yves Le Drian est ancien président de la région de Bretagne, région de pêche très importante en France. Récemment, il avait prévenu que la France "ne transigerait pas" sur ce sujet dans les tractations à venir avec Londres. "En aucun cas, la pêche ne pourra servir de variable d'ajustement dans les négociations", avait-il averti, faisant valoir que les Britanniques écoulaient plus de 70% de leur pêche sur le continent européen.

A Munich, Jean-Yves Le Drian a jugé en revanche que "sur la question sécuritaire il faut que nous prenions acte [des] intérêts communs" entre l'Union européenne et les Britanniques. Il a appelé à "avancer" davantage encore dans la coopération à l'avenir, que ce soit au plan bilatéral entre la France et le Royaume-Uni, au sein de l'Otan, "mais aussi dans des coalitions spécifiques sur des interventions que nous pourrions avoir ensemble".