REPORTAGE. Brexit : les pêcheurs français désespérés par la perspective d'un "no deal"

Les pêcheurs réclament l’accès aux eaux britanniques, qui représentent entre 30% et 50% de leur activité. Si aucun accord n’est trouvé au 1er janvier 2021, date officielle du Brexit, ils pourraient connaître d’importantes difficultés économiques.

France 2

À quelques semaines d’une décision cruciale sur le Brexit, à bord du chalutier L’Alliance, le marin pêcheur Paul Faure oscille entre colère et résignation. "Tout l’été, on passe notre vie chez les Anglais, on pêche 80% du poisson l’été chez eux, chez nous on n’a rien, on crève la gueule ouverte", assure-t-il. Si aucun accord n’est trouvé au 1er janvier 2021, date à laquelle le Royaume-Uni quittera officiellement l’Union européenne, les pêcheurs devront se contenter des eaux françaises et ne pourront plus accéder à la partie nord de la Manche, qu’ils affectionnent tant. Ils devront se partager la partie française avec les autres pêcheurs européens. "Ça va être une vraie catastrophe, on n’y arrivera pas", estime Loïc Bihel, patron du chalutier.

Des négociations au point mort

Entre Londres et Bruxelles, les négociations sont au point mort. Dernière proposition du côté européen : rendre aux Anglais jusqu’à 18% de la valeur de la pêche effectuée dans leurs eaux ; une option risible pour Londres. La pêche apparaît depuis le début des discussions comme un sujet aussi symbolique qu'explosif pour une poignée d'États membres, France et Pays-Bas en tête. Le Premier ministre français Jean Castex a d'ailleurs rappelé jeudi 3 décembre que la pêche française ne pouvait pas être "sacrifiée comme variable d'ajustement" dans les négociations.

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A bord du chalutier \"Anthineas\", durant une journée de pêche aux coquilles Saint-Jacques dans la baie de Saint-Brieuc (Côtes-d\'Armor).
A bord du chalutier "Anthineas", durant une journée de pêche aux coquilles Saint-Jacques dans la baie de Saint-Brieuc (Côtes-d'Armor). (MARCEL MOCHET / AFP )