Brexit : les dossiers brûlants de la deuxième phase des négociations entre l'UE et le Royaume-Uni

Les dirigeants des pays de l'UE ont approuvé aujourd'hui l'ouverture d'une nouvelle phase des négociations du Brexit après avoir trouvé un compromis sur le sort des citoyens expatriés, la frontière irlandaise et le règlement financier.

Theresa May et Jean-Claude Juncker, le 8 décembre 2017.
Theresa May et Jean-Claude Juncker, le 8 décembre 2017. (EMMANUEL DUNAND / AFP)
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franceinfo avec AFPFrance Télévisions

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Après six mois de discussions entre les dirigeants européens et la Première ministre britannique,Theresa May, le deuxième chapitre des négociations sur le Brexit s'ouvre. Un premier compromis a été trouvé sur le sort des citoyens expatriés, l'avenir de la frontière entre la République d'Irlande et l'Irlande du Nord ainsi que le règlement financier du Brexit. 

Mais "rien n'est décidé tant que tout n'est pas décidé", souligne le préambule du texte. Ce premier compromis n'est accepté par Londres qu'"à la condition d'un accord global" avec l'UE, incluant "le cadre de [leur] future relation". De plus, après le vote de Westminster mercredi, le Parlement impose son droit de se prononcer sur l'accord de divorce définitif.

Le président du Conseil européen, Donald Tusk, a averti que la deuxième phase des discussions serait "le vrai test" pour l'unité des 27. Franceinfo vous détaille les sujets brûlants qui restent à négocier. 

Une période de transition de deux ans 

Les Européens sont prêts à ouvrir dès janvier 2018 la négociation d'une période de transition d'environ deux ans, qui retarderait un Brexit complet à 2021. Cette demande émane de Theresa May, comme l'a rapporté The Guardian (en anglais). Elle offrirait au Royaume-Uni la possibilité de continuer à commercer librement avec le bloc européen. Cela répondrait aux inquiétudes des milieux d'affaires qui redoutent un "saut de la falaise" dangereux pour l'économie britannique. La libre circulation des personnes venant de l'UE serait également maintenue pendant cette période.

"Nous serons prêts à discuter de cela, mais évidemment, nous avons nos conditions", a déclaré le président du Conseil européen, Donald Tusk. Pendant cette transition, le Royaume-Uni devra se comporter comme un membre de facto de l'UE, en appliquant le droit européen, cotisant à son budget et restant soumis à la juridiction de la Cour de justice de l'UE (CJUE). En revanche, le Royaume-Uni ne pourra plus participer à la prise de décision au sein de l'UE. 

Il s'agira ensuite de négocier le cadre de la relation entre le Royaume-Uni et l'Union européenne à l'issue de cette période de transition. 

Les relations commerciales 

Les 27 prévoient d'adopter des directives de négociations plus précises sur les futures relations commerciales avec Londres lors de leur sommet en mars 2018. Ils veulent se donner le temps d'y voir plus clair dans les intentions britanniques avant d'arrêter leur position.

"La première grande étape, c'est que le Royaume-Uni énonce très clairement ce qu'il veut, a expliqué le Premier ministre maltais, Joseph Muscat. Si cela arrive dans les prochaines semaines, on pourra commencer sérieusement et d'ici mars à avoir une posture européenne claire." Un haut responsable européen indique de son côté : "Si aucun élément nouveau n'est donné, nous travaillerons sur la base de 'pas de marché unique, pas d'union douanière'."

Une fois la posture européenne définie, il faudra encore attendre jusqu'au 29 mars 2019 pour entamer les négociations commerciales à proprement parler, droit de douane par droit de douane. C'est la date à laquelle le Royaume-Uni sera officiellement devenu un pays tiers de l'UE. 

Le Royaume-Uni ne paiera pas sa facture de divorce de 40 à 45 milliards d'euros à l'UE s'il ne parvient pas à conclure un accord commercial avec Bruxelles, a affirmé dimanche dernier le ministre britannique chargé du Brexit, David Davis. En cas d'échec total des négociation, les relations commerciales entre l'UE et Londres seraient régies par les seules règles de l'Organisation mondiale du commerce. Mais la probabilité qu'aucun accord ne soit trouvé a "radicalement diminué", a ajouté David Davis. 

La coopération sécuritaire

Dans le cadre des négociations du Brexit, l'UE est divisée entre ceux qui veulent faire payer le prix fort aux Britanniques et ceux qui pensent que le Brexit est un processus suffisamment dur en soit. La France, par exemple, appartient plutôt à la première catégorie, mais se singularise néanmoins par sa volonté de préserver des liens forts avec Londres en matière de sécurité et de défense. 

Le Royaume-Uni affiche la même volonté. En septembre, le gouvernement britannique a annoncé vouloir "un partenariat de sécurité profond" avec l'UE, qui pourrait notamment comprendre une contribution matérielle aux opérations militaires de l'UE, une coopération sur les sanctions et des positions communes sur la politique étrangère, comme le détaille Politico

"C'est dans notre intérêt mutuel de travailler étroitement avec l'UE et ses Etats membres pour faire face au terrorisme et à l'extrémisme, l'immigration illégale, le cybercrime, et les agressions militaires conventionnelles", a affirmé David Davis.