Brexit : le gouvernement britannique prévoit des pénuries en cas de "no deal"

"The Sunday Times" publie, dimanche, "le plan secret du gouvernement pour éviter un effondrement catastrophique des infrastructures du pays".

Le Premier ministre britannique, Boris Johnson, visite le port de Douvres (Royaume-Uni), le 11 juillet 2019.
Le Premier ministre britannique, Boris Johnson, visite le port de Douvres (Royaume-Uni), le 11 juillet 2019. (CHRIS RATCLIFFE / AFP)

C'est une fuite de documents qui en dit long sur un éventuel "no deal". Le Royaume-Uni sera confronté à des pénuries de nourriture, d'essence et de médicaments en cas de sortie de l'Union européenne sans accord, avec des blocages dans les ports et le rétablissement d'une frontière physique en Irlande, selon des documents officiels publiés par The Sunday Times (en anglais, article abonnés), dimanche 18 août.

Jusqu'à 85% des camions qui empruntent les principaux points de passage du chenal "pourraient ne pas être prêts" pour les autorités douanières françaises, ce qui signifie que des perturbations dans les ports pourraient durer jusqu'à trois mois avant une éventuelle amélioration du trafic. Le gouvernement estime que le rétablissement d'une frontière physique entre la République d'Irlande et la province britannique d'Irlande du Nord sera probable, dans la mesure où les plans envisagés actuellement afin d'éviter des contrôles généralisés se révèleront insoutenables.

"Opération Yellowhammer"

"Rassemblé ce mois-ci par le bureau du Cabinet sous le nom de code 'Opération Yellowhammer', le dossier offre un rare aperçu du plan secret du gouvernement pour éviter un effondrement catastrophique des infrastructures du pays", écrit l'édition dominicale du Times.

Le journal avance que les prévisions rassemblées par le gouvernement britannique présentent les répercussions les plus probables d'un Brexit sans accord, et non les pires éventualités. Un point démenti par le ministre chargé des préparatifs du "no deal", Michael Gove : "Yellowhammer est le scénario du pire - d'importantes avancées ont eu lieu depuis trois semaines dans les préparatifs du Brexit", a-t-il réagi.

Rentrée anticipée pour le Parlement ?

Le Royaume-Uni se dirige tout droit vers une crise constitutionnelle et une sortie de l'UE, alors que le Premier ministre britannique, Boris Johnson, a promis que le pays quitterait le bloc communautaire à la date du 31 octobre, avec ou sans accord. Son approche le place en opposition frontale avec la Chambre des communes, majoritairement hostile à un "no deal", qui doit reprendre ses travaux le 3 septembre.

Plus de 100 parlementaires britanniques ont toutefois appelé, dimanche, Boris Johnson à convoquer immédiatement le Parlement, actuellement en vacances, pour débattre du Brexit. "Notre pays est au bord d'une crise économique alors que nous nous dirigeons vers un Brexit sans accord, écrivent ces opposants au Brexit. Nous sommes devant une urgence nationale, et le Parlement doit être convoqué immédiatement."

Le chef du Parti travailliste, Jeremy Corbyn, a appelé, cette semaine, à voter une motion de défiance contre Boris Johnson et à mettre sur place un gouvernement "provisoire strictement limité dans le temps" qui repousserait la date du Brexit au-delà du 31 octobre et organiserait de nouvelles élections législatives.