Pêche, migrations, Irlande du Nord... Depuis le Brexit, la France et le Royaume-Uni cumulent les sujets de discorde

Depuis la sortie du Royaume-Uni de l'Union européenne, il y a dix-huit mois, les relations entre Londres et Paris s'enveniment. 

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Les relations entre la France et l'Angleterre depuis la signature de l'accord commercial post-Brexit s'envenimment avec comme point d'orgue la crise des licences de pêche. (RICCARDO MILANI / HANS LUCAS / AFP)

Depuis l'entrée en vigueur du Brexit, le 1er février 2020, les contentieux franco-britanniques ne manquent pas et la signature de l'accord commercial entre l'Union européenne et l'Angleterre est loin d'avoir réglé toutes les questions. Londres a annoncé, jeudi 28 octobre, la convocation prochaine de l'ambassadrice de France pour donner des explications sur la crise des licences de pêche post-Brexit. Cet épisode allonge la liste de sujets de mésentente entre les deux pays. 

Les licences de pêche post-Brexit

Malgré l'accord trouvé entre Londres et Bruxelles, en vigueur depuis le 1er janvier, l'accès des pêcheurs européens aux eaux britanniques continue de provoquer des frictions. Des licences devaient être accordées à certains bateaux français pour pouvoir continuer de pêcher dans les eaux britanniques après le Brexit. Mais toutes n'ont pas été délivrées à ce jour.

En avril, lorsque les marins-pêcheurs de Boulogne-sur-Mer réclamaient ce droit, le gouvernement français menaçait Londres de "mesures de rétorsion" dans d'autres secteurs, notamment financier, si l'accord n'était pas mis en œuvre.

Cette menace a été réitérée le 27 octobre par Paris qui constate que "quasiment 50% des licences" de pêche post-Brexit ne sont toujours pas délivrées. Sur ce dossier, Thierry Breton, le commissaire européen au Marché intérieur, soutient la France, précisant que "depuis le début, la bonne foi n'est pas du côté britannique"Londres a désormais jusqu'au 2 novembre pour se mettre en conformité avec ses engagements.

Le protocole nord-irlandais

Autre sujet de friction, la question de la frontière entre l'Irlande (pays européen) et l'Irlande du Nord (qui fait partie du Royaume-Uni). Cette dernière demeure "un point d'entrée dans le marché commun" européen, selon le négociateur en chef de l'UE sur le Brexit, Michel Barnier. Le protocole nord-irlandais prévoit la mise en place de contrôles douaniers au sein du Royaume-Uni, entre l'Irlande du Nord et le reste du pays afin de taxer les produits risquant ensuite d'entrer en Irlande, et donc dans l'UE, ceci afin d'éviter le retour d'une frontière entre les deux Irlande. 

Or, Londres a décidé de reporter de six mois ces contrôles qui devaient débuter au 1er avril. Paris accuse son voisin "d'instrumentaliser la situation particulière de l'Irlande du Nord pour réclamer une renégociation du protocole nord-irlandais", analyse Le Monde (article réservé aux abonnés.) L'UE a engagé une procédure contre le Royaume-Uni, l'accusant de violer le traité. 

Le 12 octobre dernier, le secrétaire d'État britannique chargé du Brexit, David Frost, a présenté une version très remaniée du protocole nord-irlandais post-Brexit qui a provoqué la colère des Européens. 

Le contrôle des côtes françaises

Londres a refusé d'avoir un cadre commun avec l'Union européenne concernant les questions de politique étrangère et de sécurité. Cependant, fin juillet, au sujet des traversées illégales de la Manche, le Royaume-Uni s'est engagé à verser 62,7 millions d'euros à la France, entre 2021 et 2022, "afin d'appuyer la France dans son action d'équipement et de lutte contre l'immigration irrégulière" et pour financer le renforcement des contrôles sur les côtes françaises. 

Mais le 9 octobre, le ministre de l'Intérieur, Gérald Darmanin, a reproché au Royaume-Uni de ne pas avoir versé les fonds promis. "Nous appelons les Anglais à tenir leur promesse de financement puisque nous tenons la frontière pour eux", a-t-il rappelé. De son côté, la ministre de l'Intérieur britannique, Priti Patel, reproche à Paris de ne pas tenir assez fermement la frontière.

Le contrat des sous-marins

Le 16 septembre, l'Australie mettait fin au "contrat du siècle" avec la France afin de conclure un accord, nommé Aukus, avec les Etats-Unis et le Royaume-Uni, qui vont lui fournir des sous-marins à propulsion nucléaire. Ce retournement a été pris comme un "coup dans le dos", selon le ministre des Affaires étrangères Jean-Yves Le Drian. Car la France et le Royaume-Uni partagent des intérêts stratégiques et sont liés par les traités militaires de Lancaster House signés en 2010, qui établissent un partenariat de défense et de sécurité. 

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