Brexit : Boris Johnson exclut un "no deal" dans son programme électoral

Le chef du gouvernement promettait de quitter l'UE le 31 octobre avec ou sans accord négocié avec les Vingt-Sept. 

Le Premier ministre britannique, Boris Johnson, lors d\'un déplacement à Hendon, dans le nord de Londres, le 31 octobre 2019. 
Le Premier ministre britannique, Boris Johnson, lors d'un déplacement à Hendon, dans le nord de Londres, le 31 octobre 2019.  (AARON CHOWN / AFP)

Boris Johnson a longtemps agité le spectre du "no deal", la perspective d'un Brexit sans accord entre le Royaume-Uni et l'Union européenne, comme un argument de négociations avec les Vingt-Sept, mais aussi avec Westminster. Mais samedi 2 novembre, le parti du Premier ministre change de cap en écartant ce scénario. En effet, le "no deal" ne figure pas dans le programme des conservateurs en vue des élections anticipées du 12 décembre, rapporte le Times (lien en anglais, pour abonnés.)

Le chef du gouvernement promettait de quitter l'UE le 31 octobre avec ou sans accord négocié avec les Vingt-Sept, avant de devoir demander un report au 31 janvier en vertu d'une loi, le "Benn Act", adoptée début septembre.

Désormais, l'objectif des Tories (droite) est de faire aboutir le compromis auquel sont parvenus, le mois dernier, Boris Johnson d'une part et les Européens de l'autre. "Si vous votez pour le Parti conservateur lors des prochaines élections, vous votez pour quitter l'UE avec cet accord", a déclaré le ministre de la Culture, Nicky Morgan, dans une interview au Times, précisant que le "no-deal" n'était désormais plus "sur la table".

Pas d'alliance avec le Brexit Party

La perspective d'une rupture sèche avec le reste du continent inquiète les milieux économiques au Royaume-Uni, qui redoutent des répercussions potentiellement catastrophiques pour le pays. A l'inverse, les partisans d'un Brexit dur voient là une occasion de s'affranchir d'un coup des règles de l'UE.

En excluant désormais un "no deal", Boris Johnson écarte par la même occasion toute alliance avec le Brexit Party de Nigel Farage, qui continue à militer pour un divorce non négocié.

Les sondages donnent pour l'heure une avance confortable aux conservateurs dans les intentions de vote, mais les divisions au sein de l'électorat pro-Brexit pourraient favoriser les travaillistes de Jeremy Corbyn.