Brexit : Boris Johnson dénonce une "veste-suicide" et crée la polémique

"Jusqu'ici, à chaque étape des discussions, Bruxelles obtient ce que Bruxelles veut", a estimé dimanche l'ancien ministre britannique des Affaires étrangères. 

L\'ex-ministre britannique des Affaires étrangères, Boris Johnson, durant un match de cricket à Londres, le 8 septembre 2018.
L'ex-ministre britannique des Affaires étrangères, Boris Johnson, durant un match de cricket à Londres, le 8 septembre 2018. (IAN KINGTON / AFP)

"Nous avons placé une veste-suicide sur la Constitution britannique – et donné le détonateur à Michel Barnier", le négociateur en chef de l'UE, a estimé dimanche 9 septembre l'ex-ministre britannique des Affaires étrangères Boris Johnson, dans une tribune publiée dans le Mail on Sunday. "Nous lui avons donné un pied-de-biche avec lequel Bruxelles peut choisir – à tout moment – de séparer le Royaume-Uni et l'Irlande du Nord", a-t-il ajouté. 

Boris Johnson, potentiel challenger de la Première ministre conservatrice Theresa May, avait claqué en juillet la porte du gouvernement pour marquer son désaccord avec le "plan de Chequers", qui prévoit le maintien d'une relation commerciale étroite entre le Royaume-Uni et l'UE après le Brexit, prévu le 29 mars. Avec ces propositions, la cheffe du gouvernement a provoqué la fureur des partisans d'un Brexit "pur et dur", mais aussi le scepticisme des dirigeants de l'UE, qui ont mis en doute la viabilité de ce plan.

"C'est une humiliation"

"Jusqu'ici, à chaque étape des discussions, Bruxelles obtient ce que Bruxelles veut. Nous avons accepté le calendrier de l'UE ; nous avons accepté de remettre 39 milliards de livres, sans rien obtenir en retour", regrette Boris Johnson, faisant référence à la facture du divorce.

"Maintenant, avec la proposition de Chequers, nous sommes prêts à accepter leurs règles – pour toujours – sans avoir un mot à dire sur ces règles, poursuit-il. C'est une humiliation."

Ces propos incendiaires ont choqué jusque dans son propre camp conservateur. Le secrétaire d'Etat aux Affaires étrangères, Alan Duncan, a estimé sur Twitter que les déclarations de Boris Johnson constituaient "un des moments les plus navrants de la politique moderne britannique" et signaient "sa fin politique".