Au Royaume-Uni, le nouveau parti politique Renew veut s'attaquer au Brexit

Cette formation veut aligner 300 candidats aux élections législatives, prévues en 2022.

Des manifestants brandissent les drapeaux britannique et européen devant le Parlement de Londres (Royaume-Uni), le 6 février 2018.
Des manifestants brandissent les drapeaux britannique et européen devant le Parlement de Londres (Royaume-Uni), le 6 février 2018. (ALBERTO PEZZALI / NURPHOTO / AFP)

Marche arrière, toute. Un nouveau parti politique anti-Brexit, le mouvement centriste "Renew" ("Renouveler"), a été officiellement lancé au Royaume-Uni, lundi 19 février. "Notre objectif est de renverser le Brexit et de restaurer notre position influente en Europe, afin de nous concentrer sur ce qui compte vraiment au Royaume-Uni", explique la formation politique sur son site internet (en anglais), avant son lancement prévu dans le centre de Londres.

"Quitter l'UE ne fera qu'empirer la situation"

"Renew" veut s'attaquer aux causes qui ont poussé les électeurs à voter en faveur du Brexit, en particulier "un profond mécontentement sur les inégalités". Le parti estime que "quitter l'UE ne fera qu'empirer la situation". Il compte défendre une augmentation du salaire minimum, renforcer les infrastructures en dehors de Londres et construire davantage de logements abordables. Il veut également "étudier de meilleures façons de gérer l'immigration", l'un des principaux thèmes de la campagne pro-Brexit.

"Renew" a été fondé par l'ancien financier Chris Coghlan, qui s'était déjà présenté comme candidat indépendant dans le sud de Londres, lors des élections générales de juin 2017. Avec un programme anti-Brexit, il était alors arrivé quatrième, avec 1 234 voix. Le parti "Renew" assure désormais qu'il est capable d'aligner plus de 300 candidats aux prochaines législatives, prévues en 2022. Ces élections, toutefois, pourraient intervenir plus tôt, car la Première ministre conservatrice Theresa May est à la tête d'un exécutif divisé.

Plusieurs mouvements anti-Brexit voient le jour

Votée avec près de 52% des voix en juin 2016, la sortie du Royaume-Uni de l'Union européenne doit se concrétiser le 29 mars 2019. Depuis les dernières élections, des sondages ont fait état d'un soutien croissant de l'opinion pour le maintien dans l'UE, sans pour autant enregistrer un renversement radical. La création de ce parti prolonge un mouvement observé les dernières semaines au Royaume-Uni, où plusieurs campagnes pro-UE ont vu le jour.

Des manifestants anti-Brexit mettent en cause la Première ministre Theresa May devant le Parlement de Londres (Royaume-Uni), le 13 décembre 2017.
Des manifestants anti-Brexit mettent en cause la Première ministre Theresa May devant le Parlement de Londres (Royaume-Uni), le 13 décembre 2017. (DANIEL LEAL-OLIVAS / AFP)

Début février, les mouvements anti-Brexit avaient lancé une plateforme commune, la Grassroots Coordinating Group (GCG), pour coordonner leurs efforts afin de peser sur les négociations avec Bruxelles, voire tenter d'obtenir un nouveau vote. Ces différentes organisations représentent au total quelque 500 000 personnes et plusieurs députés. Andrew Adonis, un membre travailliste de la Chambre des Lords, a également lancé sa propre campagne, "Our future, our choice". Quant à l'organisation pro-UE "Best for Britain", elle a obtenu un don d'environ 500 000 livres (564 000 euros) du milliardaire américain George Soros.