"La France doit se préparer à une longue période d'austérité"

Alors que doit s'ouvrir le débat budgétaire, l'objectif du gouvernement est de réduire le déficit de la France à 3% en 2013. François Lenglet répond aux questions de FTVi.

François Lenglet lors de l\'émission \"Des paroles et des actes\", sur France 2, le 8 mars 2012.
François Lenglet lors de l'émission "Des paroles et des actes", sur France 2, le 8 mars 2012. (JOEL SAGET / AFP)

Le projet de loi sur le traité budgétaire européen a été adopté, ce mercredi, en Conseil des ministres. Il oblige les lois de programmation des finances publiques à limiter le déficit dit "structurel" à 0,5% du produit intérieur brut (PIB) à moyen terme. 

François Lenglet, rédacteur en chef du service France de France 2, répond à nos questions.

FTVi : La France est-elle condamnée à l'austérité en ratifiant le traité budgétaire ?

François Lenglet : Traité budgétaire ou pas, les comptes publics de la France se sont détériorés, et la dette progresse de 2 milliards d'euros par mois. Il faut bien régler le problème, se protéger de l’emballement de la dette, et revenir à la limite du déficit fixée par le traité de Maastricht, c'est-à-dire 3% du PIB. Dans ce contexte, oui, la France doit se préparer à une longue période d’austérité. 

Conjuguer austérité et croissance, est-ce que ça peut marcher ?

Cela a fonctionné avec le Canada et la Suède dans les années 1990. Ces deux pays sont parvenus à rétablir les comptes publics sans sacrifier la croissance. Mais à l'époque, la croissance mondiale était forte, et ils avaient pu utiliser l'instrument de la dévaluation monétaire. La situation actuelle n’est pas la même puisqu’il y a trop peu de croissance, notamment en Europe du Sud. Ce plan est excessif et dangereux pour des pays comme l’Espagne et la Grèce, où l’économie se rétrécit et où le chômage augmente. 

François Hollande parviendra-t-il à limiter le déficit à 3% en 2013, comme il s'y est engagé ?

C’est peu probable. L’activité se détériore, il y a davantage de chômage donc moins de rentrées fiscales. Mais la France et l’Allemagne peuvent décider de décaler le calendrier, et ainsi revenir à un déficit de 3% du PIB en 2014. Cet objectif pourrait rendre l’effort un peu plus supportable.